Alors qu'une étude de l'Institut national d’études démographiques (Ined) a été publiée ce jeudi et révèle qu'un Français sur trois a un lien avec l'immigration, certains ne reconnaissent plus leur pays. Une mutation qui interroge comme à Pont-de-Chéruy près de Lyon.
27.000 personnes interrogées pour 600 pages de rapports. Ce jeudi 21 mai 2026, l'Ined (Institut national d’études démographiques) a publié une vaste étude sur l'immigration. Le constat est clair : la France est de plus en plus mélangée, façonnée par l'immigration. Un Français sur trois a un lien direct avec l'immigration, chiffre encore plus important si l'on ajoute les liens par alliance.
Cette diversité imprègne profondément les familles, mais pas seulement. À Pont-de-Chéruy, près de Lyon, la ville de 6.000 habitants s'est transformée ces dernières années.
"Il n'y a plus rien de Français"
Dans la rue centrale et la rue de la République de Pont-de-Chéruy, deux tacos, deux kebabs, trois barbers, une boucherie halal, une épicerie exotique, un coiffeur afro et une boutique de réparation de téléphone s'enchaînent sur 100 mètres. Un paysage urbain qui déroute les habitants qui sont nés ici.

"Il n'y a plus que des kebabs, des fast-foods ou des magasins d'alimentation halal. Ce n'est plus ce que j'ai connu quand j'avais 20 ans. Avant, on se retrouvait tous sur la place du marché. Et maintenant, il n'y a plus ça. Ce sont des kebabs, ce n'est que ça. Je ne me crois pas chez moi", racontent Catherine et Adrienne.

D'autres personnes, comme Josiane, préfèrent désormais éviter le centre-ville : "Je n'y vais pas. Je ne me crois pas en France. Il n'y a plus rien de Français. Tous les magasins sont turcs ou algériens. Je préfère un bon restaurant français."
L'an dernier, une mosquée flambant neuve est même sortie de terre presque au milieu des champs, sur la commune voisine de Chavanoz. Une situation incomprise par certains habitants. "La mosquée, il faut arrêter, il y en a plein déjà. L'islamisme est de plus en plus présent, et on est de moins en moins chez nous, c'est tout. À un moment, on a l'impression d'être un peu les étrangers. Stop !", témoigne Franck.

La municipalité affirme travailler à l'équilibre de la ville et veut diversifier le type de commerces présents. Mais cette situation est presque devenue classique dans les villes de France.