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«On a jeté 50.000 euros de marchandises» : après la cyberattaque, les grandes surfaces comptent leurs pertes

[Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Une cyberattaque d'ampleur a frappé plusieurs enseignes de la grande distribution dans la nuit de dimanche à lundi. Les pirates informatiques ont pris le contrôle à distance des systèmes de réfrigération de plusieurs magasins, provoquant la perte de millions d'euros de marchandises. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris.

Système U, Intermarché, Leclerc ou encore Monoprix… Plusieurs enseignes de la grande distribution ont été victimes d'une cyberattaque dans la nuit de dimanche 10 au lundi 11 octobre. Les pirates informatiques sont parvenus à prendre le contrôle à distance des installations frigorifiques de certains magasins, augmentant brutalement la température des congélateurs et provoquant la destruction de nombreuses marchandises.

En Alsace, Sophie Matt, gérante d'une grande surface, a reçu une première alerte aux alentours de 5 heures du matin. À son arrivée, elle découvre l'ampleur des dégâts. "Nos meubles à température froide, c'est-à-dire vos glaces et tous les surgelés, ont dégivré et, en parallèle, une soufflerie a été déclenchée à hauteur de 50 degrés dans les meubles de congélation. On est en train de jeter 50.000 euros de marchandises. Ce n'est pas possible", déplore-t-elle au micro d'Europe 1.

Une seule intrusion pour toucher plusieurs enseignes

À l’échelle nationale, les pertes se chiffreraient en millions d'euros. Pour mener leur attaque, les pirates auraient ciblé les systèmes du fabricant danois Danfoss, utilisés par plusieurs enseignes pour superviser leurs installations frigorifiques.

"Le point commun entre toutes ces enseignes, qui sont même parfois concurrentes, c'est qu'elles utilisent le même outil de supervision pour leurs équipements de réfrigération. Les attaquants ont tout simplement pris le contrôle de ces outils de froid. Avec une seule intrusion, on est capable d'avoir un impact massif sur beaucoup de victimes", explique Jérôme Saez, expert en cybersécurité, au micro d'Europe 1.

Cette attaque illustre la vulnérabilité des équipements connectés et les conséquences économiques que peut entraîner une intrusion informatique ciblant un prestataire commun à plusieurs entreprises.

Face à l'ampleur de cette cyberattaque, le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête. De son côté, Sébastien Lecornu a demandé à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Anssi) de se saisir du dossier.