Nouvelle manifestation à Paris contre le pouvoir algérien

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Depuis neuf semaines la diaspora algérienne se rassemble place de la République à Paris pour appeler le pouvoir d'Alger à partir.
Depuis neuf semaines la diaspora algérienne se rassemble place de la République à Paris pour appeler le pouvoir d'Alger à partir. © AFP
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La diaspora algérienne de Paris s'est une nouvelle fois réunie dimanche, place de la République, pour dire au régime en place à Alger de "dégager".

Drapés dans le drapeau algérien, ou parfois berbère, Algériens et Français d'origine algérienne se sont rassemblés en nombre dimanche à Paris pour la neuvième semaine consécutive pour dire "dégage" au régime en place à Alger.

À l'unisson des Algériens qui, sur l'autre rive de la Méditerranée, manifestent massivement depuis février, la diaspora algérienne de Paris se retrouve spontanément chaque week-end place de la République, souvent par milliers. Le mouvement a pris de l'ampleur depuis le premier appel sur les réseaux sociaux à s'opposer à un cinquième mandat pour le président Abdelaziz Bouteflika.

Une mobilisation qui reste forte

En ce long week-end de trois jours en France, la foule est un peu moins compacte que d'autres fois, mais la mobilisation reste forte. Ni la démission du président Bouteflika, ni l'annonce d'une présidentielle le 4 juillet pour désigner son successeur, n'ont entamé la détermination des participants. "On n'a rien obtenu ! Une partie seulement. On attend qu'Ahmed Gaïd Salah nous lâche aussi", explique une manifestante.

Le général Salah devenu l'homme fort de l'Algérie

Le processus de transition est soutenu par l'armée, replacée au centre du jeu politique et dont le chef d'état-major, le général Ahmed Gaïd Salah est de facto l'homme fort de l'Algérie. Les partis politiques, inaudibles, sont eux marginalisés par la contestation. Sur le monument à la République, une banderole réclame "un deuxième République citoyenne, civile, démocratique et moderne", refusant "autocratie", "théocratie" ou "gérontocratie". "Système dégage, prenez vos bagages avant l'orage, en bateau ou à la nage", dit un autre écriteau brandi près d'orateurs improvisés s'exprimant en arabe, dont les voix sont parfois couvertes par un groupe de chanteurs et musiciens voisin.

"Jusqu'à ce qu'ils partent"

Sur la place baignée par le soleil, entre vendeurs de boissons, de drapeaux et de tee-shirts algériens, des sonos ont été installées. Ça et là, un homme danse, des femmes berbères en robe traditionnelle bavardent. "Nous continuerons à venir jusqu'à ce qu'ils partent", affirme Zined, fidèle aux manifestations du dimanche depuis le début du mouvement, à une exception près. Cette femme, "kabyle mais d'abord algérienne", arrivée à l'âge de 9 ans en France et aujourd'hui retraitée, se dit "optimiste". "Je ne l'étais pas en novembre, lorsque je suis retournée en Algérie. J'étais dégoûtée. Mes amis là-bas n'osaient rien dire. Ils avaient une épée de Damoclès au dessus d'eux", explique-t-elle.

À Marseille aussi, des centaines de personnes ont manifesté

Quelque 200 personnes ont également manifesté à Marseille, dans le Sud-Est, à l'appel du Collectif pour une alternative démocratique et sociale en Algérie et de l'association Mon Algérie Marseille. Environ 760.000 immigrés algériens vivent en France, selon l'Institut national français de la statistique (Insee). Ils sont 1,7 million si on y ajoute leurs enfants nés en France.