Nouvelle-Calédonie : l'approvisionnement étant difficile, les Calédoniens peinent à trouver de la nourriture sur l'île

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Caroline Baudry (envoyée spéciale à Nouméa) / Crédits photo : Theo Rouby / AFP , modifié à
En Nouvelle-Calédonie, faire ses courses relève toujours du parcours du combattant. Au moins 30 boutiques alimentaires ou restaurants ont été incendiés par les émeutiers. Sans compter les pillages et les saccages. Pas de pénurie à proprement parler sur l’île, mais de grandes difficultés d’approvisionnement dans les magasins. Les calédoniens se débrouillent pour subsister.

Les difficultés subsistent en Nouvelle-Calédonie après les émeutes qui ont secoué l'île. Il est toujours compliqué pour les habitants de faire leurs courses du fait du manque d'approvisionnement dans des magasins qui ont été pillés ou incendiés par les émeutiers. Passé midi, il faut sillonner Nouméa pour tomber sur une épicerie ouverte. 

"On avait droit à deux articles par produit, pas plus"

Maïté, 61 ans, en sort dépitée, les mains vides : "On venait voir s'il y avait du riz, mais il n'y en avait plus". Il n'y a plus de riz, ni de pâtes, conserves, farine ou œufs. "On a trois gosses. Dans tous les rayons, il n'y a plus que des fruits, mais ça ne nous intéresse pas". Des bananes que le patron du magasin, envahi de cartons, dispose sur les étales. Débordé, il raconte passer quatre heures par jour au volant pour trouver lui-même les marchandises chez différents producteurs : "Il n'y a plus de livraisons du tout. Et pour moi, c'est du stress d'être sur la route avec les barrages".

La situation n'est pas meilleure dans les grandes surfaces, témoigne Jean-François, un client qui remonte dans sa voiture. Il faut attendre très longtemps pour finalement acheter peu : "On avait droit à deux articles par produit, pas plus. C'est-à-dire deux pains, deux boîtes de conserve, deux riz, deux fromages. Donc je suis avec un ami et puis on s'échange de la nourriture. Moi, je lui amène de la viande, et lui me donne du pain". 

Le troc s'organise aussi sous forme de petites annonces sur les réseaux sociaux. Vu dans un groupe de soutien entre voisins : échange déambulateur contre poisson frais.