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«Nous sommes dans le monde d'après» : le président de la Gironde, Jean-Luc Gleyze, alerte sur les «méga-feux» à anticiper

[© Laurent Estreboou / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Après les incendies qui ont ravagé 42.000 hectares en Gironde cet été, Jean-Luc Gleyze réclame une base de Canadair et des bombardiers d'eau plus puissants. Le président du département demande aussi une refonte de l'exploitation forestière et alerte sur les "méga-feux" qui deviendront la norme d'ici 2050.

Près de 42.000 hectares ont brûlé en Gironde cet été, provoquant l'évacuation de milliers d'habitants et touchant durement plusieurs communes. Alors que Sébastien Lecornu se rend sur place ce lundi pour évoquer la reconstruction et l'adaptation du territoire, Jean-Luc Gleyze, président du département, détaille ses attentes.

Le département a mis en place une cellule de relogement et d'accompagnement psychologique, fixe au Porge et mobile autour du bassin d'Arcachon. "L'objectif, c'est véritablement que nous puissions permettre à des personnes de retrouver des solutions de relogement qui portent sur le long terme", explique Jean-Luc Gleyze au micro d'Europe 1 Matin.

Entre 240 et 250 maisons ont été détruites par les incendies. Le département, aux côtés de bailleurs sociaux et d'acteurs privés, a activé son réseau pour reloger les personnes en difficulté, la reconstruction des habitations devant prendre plusieurs mois, voire plusieurs années.

Une base de Canadair réclamée depuis 2022

Jean-Luc Gleyze doit rencontrer Sébastien Lecornu ce lundi, en tant que porte-parole des présidents de Gironde, des Landes et du Lot-et-Garonne. Sa première demande porte sur les moyens aériens : une base fille de Canadair, promise dès 2022 par l'ancien ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, mais toujours pas créée.

"Ce que ça change, c'est le temps nécessaire entre le moment où nous appelons les Canadair et le moment où les avions arrivent. Quand nous voyons trop de temps passer, il se produit ce qui s'est produit cette année : le feu prend tellement d'ampleur qu'il n'est plus possible de le contenir", détaille-t-il.

Il réclame également des bombardiers d'eau plus puissants, sur le modèle canadien capable de larguer 15.000 litres contre 6.000 litres pour les Canadair actuels, ainsi que la capacité d'effectuer des largages nocturnes.

Revoir l'exploitation forestière et la "culture du risque"

Le président du département demande aussi une révision du mode d'exploitation de la forêt des Landes de Gascogne, avec la création de zones tampons sans boisement le long des voies, conditionnées à l'exemption fiscale trentenaire dont bénéficient les propriétaires sylvicoles.

Pour Jean-Luc Gleyze, les "méga-feux" vécus cet été deviendront la norme d'ici 2050. "Nous sommes dans le monde d'après, celui des canicules, des forêts dévastées, des fleuves qui engloutissent maisons et hectares, des tempêtes à la puissance exponentielle. Il faut vraiment passer à une autre dimension en matière de conscience et de puissance dans la capacité à défendre", affirme-t-il, réclamant une révision du financement des services départementaux d'incendie et de secours.

Un coût que le département ne pourra pas assumer seul

Avec un budget 2026 d'environ 1,8 milliard d'euros et une trajectoire de retour à l'équilibre fixée pour 2028, la Gironde ne pourra pas financer seule les moyens exceptionnels nécessaires cette année. Les incendies de 2022 avaient déjà coûté 10,5 millions d'euros au département.

Jean-Luc Gleyze se dit soutenu par l'Europe, via les renforts aériens et humains mobilisés cet été, mais pointe la limite des moyens disponibles lorsque plusieurs pays sont touchés simultanément.