Nord : deux femmes voilées recalées d'une brocante portent plainte

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Les deux femmes ont été discriminées en raison de leur voile. (photo d'illustration) © PATRICK HERTZOG / AFP
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Deux femmes ont porté plainte après s'être vues refuser une place dans une braderie organisée par une association dans le Nord, en raison de leur voile. 

Deux femmes ont déposé plainte après s'être vu refuser, en raison du voile qu'elles portaient, le droit de s'inscrire à une braderie organisée par une association caritative à Croix, dans l'agglomération lilloise, a appris lundi l'AFP de source policière. 

Refusées à cause de leur voile 

Une vidéo filmée par l'une des deux femmes et diffusée sur les réseaux sociaux montre la présidente de l'association R'eveil - qui soutient les victimes de traumatismes crâniens et organise chaque année cette braderie - en train d'enregistrer les inscriptions dans une salle municipale de Wasquehal, commune limitrophe, et leur lancer : "Je ne vais pas vous prendre, mesdames, faut pas faire la queue, vous perdez votre temps..."

"Vous ne nous prenez pas parce qu'on a le voile ?", rétorque l'une des deux femmes sur les images. "Oui... Je ne préfère pas, ça me cause tort", lui répond la présidente de l'association. Après un échange tendu, et alors que l'une des deux femmes voilées affirme vouloir porter plainte, l'organisatrice leur indique, de manière provocatrice, son identité et la direction du commissariat le plus proche. Devenue virale, la vidéo a été visionnée plusieurs centaines de milliers de fois sur les réseaux sociaux.

"J'ai fait une analogie maladroite"

"Une plainte a été déposée au commissariat de Roubaix samedi après-midi pour injures non publiques en raison de l'ethnie, l'origine, la nation, la race ou la religion", a confirmé lundi la Direction départementale de la sécurité publique du Nord. Après avoir assumé ses propos dans la Voix du Nord, l'organisatrice de la braderie a "présenté ses excuses" dans un court texte publié sur le site Internet de l'association R'eveil.

"L'organisation de la brocante réclame quatre mois de travail, ainsi que l'organisation d'un plan sécurité attentat qui est très coûteux. Lors des inscriptions, fatiguée et malade, j'ai fait une analogie rapide et maladroite (...) Je me suis figée dans une attitude hautaine et méchante, ma langue a été plus vite que ma raison", se justifie-t-elle. "Je ne me suis pas rendu compte que je blessais violemment toute une population. Je présente mes excuses à ces deux personnes ainsi qu'à toutes les personnes qui ont pu être choquées", écrit encore l'organisatrice, décorée de la Légion d'honneur en 2012.