NDDL : un peu de répit pour les zadistes avant de nouvelles évacuations

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Les dossiers déposés par plusieurs zadistes vont être examinés à partir du 14 mai par la préfecture. Ceux qui n'en ont pas déposé seront ensuite évacués. © LOIC VENANCE / AFP
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Aucune nouvelle opération policière ne devrait avoir lieu à Notre-Dame-des-Landes avant le 14 mai, date à laquelle seront examinés les dossiers de régularisation de certains zadistes. Mais Edouard Philippe a prévenu mercredi que ceux qui n'avaient pas déposé de dossiers avaient "vocation à quitter les terrains".

Force doit bien rester à la loi... mais il n'est pas exclu de prendre un peu de temps. Voilà, en substance, ce que dit le gouvernement sur l'occupation des terrains de Notre-Dame-des-Landes. Invité sur Europe 1 mercredi matin, Edouard Philippe a indiqué que la préfète de Loire-Atlantique, Nicole Klein, "va convoquer pour le 14 mai la première réunion du comité qui a vocation à analyser les dossiers déposés par ceux des occupants illégaux qui veulent rentrer dans le droit chemin". Et qu'"à partir du moment où ces procédures-là sont en oeuvre, ceux qui ont choisi de ne pas s'y insérer devront avoir quitté les lieux". Mais sans donner de date précise de reprise d'évacuation.

Début d'examen des dossiers le 14 mai. Le 14 mai donc, commencera l'examen des dossiers. "Vingt-huit occupants illégaux ont accepté la main tendue de l'État", a précisé Edouard Philippe. "Ils l'ont fait tard notamment parce qu'ils n'étaient pas convaincus que l'État était déterminé". Et le Premier ministre compte bien le rappeler à la moindre occasion. "Il ne faut douter en aucune façon de la détermination du gouvernement, elle est totale." Celles et ceux qui n'ont pas déposé de dossiers, ou dont les dossiers ne seraient pas acceptés, se heurteront à une évacuation ultérieure.

Les zadistes demandent le départ des forces de l'ordre. Du côté des zadistes, on craint une simple temporisation pour gagner à l'usure. "On a fait des efforts pour organiser des propositions pour le gouvernement", souligne Camille, l'un des porte-paroles du mouvement. "Et en retour, on a un maintien des effectifs [militaires] qui étaient là pour des opérations d'expulsion." Or, c'est bien le départ des forces de l'ordre qui reste la première revendication des occupants. "Si l'État intervenait pour expulser des personnes alors qu'on est en négociation, ce serait scandaleux", poursuit Camille. "Je n'ose même pas imaginer ce que pourrait être une nouvelle évacuation. On craint le pire depuis le début de l'intervention policière."

Le porte-parole dresse un inventaire dramatique des actions policières. "On a 250 personnes blessées. Mercredi, j'ai récupéré un camarade qui avait la joue lacérée par une grenade explosive, c'est passé à 7 centimètres de la carotide. Donc le préalable minimum, c'est un retrait de l'occupation militaire".