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Mobilisation du 5 novembre : «Allez bosser», à Lyon, des artisans et petits patrons dénoncent les manifestations

Alors que des milliers de personnes sont attendues dans les rues ce jeudi 5 novembre pour réclamer de meilleurs salaires, certains Français ne comptent pas manifester. [Olivier CHASSIGNOLE / AFP]

Alors que des milliers de personnes sont attendues dans les rues ce jeudi 5 novembre pour réclamer de meilleurs salaires, certains Français ne comptent pas manifester. À Lyon, artisans, salariés du privé et chefs d'entreprise portent un regard sévère sur ce mouvement social et ses conséquences. 

Une France qui manifeste, une autre qui continue de travailler. Alors que plusieurs rassemblements sont organisés ce jeudi 5 novembre partout dans le pays pour réclamer notamment de meilleurs salaires, certains Français ne se sentent pas concernés par cette mobilisation. C'est notamment le cas des artisans, commerçants et petits patrons, dont certains portent un regard très critique sur les mouvements sociaux. 

À Lyon, quelque 25.000 manifestants sont attendus dans les rues au cours de la journée. Une perspective qui agace Clément, 33 ans, artisan plombier, qui n'envisage absolument pas de participer au mouvement. 

"Arrêter d'être un pays d'assistés" 

"Je ne me sens pas concerné. Moi, je suis dans mon coin, je fais ma vie, je n'emmerde personne. Je ne me plains pas, je suis un travailleur, je suis père de famille", explique-t-il au micro d'Europe 1. Pour cet artisan, chacun devrait davantage compter sur lui-même plutôt que de réclamer systématiquement des mesures aux pouvoirs publics. 

"Chacun doit faire son petit truc de son côté et arrêter d'être un pays d'assistés. Ce serait bien de ne pas à chaque fois dire que c'est le système ou que c'est l'État", estime-t-il. 

"Il faut balayer un peu devant sa porte avant de parler des autres et de rejeter la faute sur quelqu'un d'autre", poursuit Clément. Interrogé sur le message qu'il souhaite adresser aux manifestants, sa réponse est particulièrement directe. "Allez bosser, sortez-vous les doigts du cul et arrêtez de faire chier les gens", lance-t-il. 

"C'est toujours les mêmes qui manifestent"

Une exaspération partagée par Stéphane, qui travaille dans la maintenance industrielle. Lui non plus n'approuve pas cette manière de faire entendre ses revendications.  "Ce sont toujours les mêmes qui manifestent. Ils pensent que ça profite à tout le monde, ce qui n'est pas le cas", juge-t-il. 

Pour ce salarié, les difficultés professionnelles doivent d'abord être réglées directement avec son employeur. "Moi, quand j'ai un problème, je vais voir mon patron et je vais régler mon problème. Je ne vais pas dans la rue", explique-t-il. Fabrice, patron d'une entreprise de promotion immobilière, porte un jugement tout aussi sévère sur la mobilisation. 

"C'est beaucoup la fonction publique. Et non, ça ne me plaît pas. J'en suis à un point que je pourrais contre-manifester", assure-t-il. Ce chef d'entreprise dénonce notamment les perturbations provoquées par les rassemblements dans les centres-villes. "Voir les centres-villes des villes françaises en état de siège, c'est catastrophique", déplore-t-il. 

Fabrice critique également la violence et les dégradations qui peuvent accompagner certaines manifestations, estimant que les participants s'en accommodent trop facilement.