Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Mobilisation du 31 octobre : quelles sont les règles concernant les masques d'Halloween ?

Les amateurs de déguisements pourront ainsi porter leurs masques dans les rues, à condition que leur présence s'inscrive dans un contexte festif. [DIMITAR DILKOFF / AFP]

Les déguisements d'Halloween seront-ils autorisés dans les rues de France ce samedi 31 octobre ? Alors que le troisième acte de la mobilisation contre "la vie chère" se tient simultanément dans plusieurs villes, les autorités redoutent que certains manifestants profitent de cette fête pour dissimuler leur visage et échapper à leur identification.

Halloween et manifestations sociales vont se retrouver au cœur d'une même journée. Ce samedi, plusieurs rassemblements sont prévus dans l'Hexagone, dans un contexte tendu après les violences urbaines survenues le 17 octobre dernier. Sur les réseaux sociaux, de nombreux appels à rejoindre les cortèges déguisés ont également été relayés.

Face à cette situation, la préfecture de police de Paris a tenu à rappeler les règles en vigueur dans un message publié sur X. "À Halloween, les règles restent les mêmes ! Dissimuler son visage dans l'espace public est une infraction passible de 150 € d'amende", a-t-elle prévenu. Elle a également rappelé que le port d'une arme, "même factice", est passible de trois ans d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende.

Le port du masque autorisé dans le cadre festif

Pourtant, le port d'un masque dans l'espace public n'est pas systématiquement interdit. Adoptée le 11 octobre 2010, la loi prohibe la dissimulation du visage dans les lieux publics, mais prévoit plusieurs exceptions. Son deuxième article précise notamment que cette interdiction ne s'applique pas lorsque le masque "s'inscrit dans le cadre de pratiques sportives, de fêtes ou de manifestations artistiques ou traditionnelles".

Les célébrations d'Halloween entrent donc bien dans ce cadre. Les amateurs de déguisements pourront ainsi porter leurs masques dans les rues, à condition que leur présence s'inscrive dans un contexte festif.

Mais la situation est différente à proximité d'une manifestation. Depuis la loi du 10 avril 2019, dissimuler volontairement son visage au sein ou aux abords immédiats d'un rassemblement présentant des risques de troubles à l'ordre public peut être sanctionné.

L'article 431-9-1 du Code pénal prévoit ainsi jusqu'à un an d'emprisonnement et 15.000 euros d'amende lorsque les conditions du délit sont réunies. Une contravention de cinquième classe, pouvant atteindre 1.500 euros, est également prévue par l'article R645-14 du Code pénal dans certaines circonstances.

Laurent Nuñez affiche sa fermeté

Face aux risques de débordements, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a prévenu que "le prétexte de la nuit d'Halloween ne sera pas un motif légitime pour se dissimuler le visage dans l'espace public" afin de "commettre des troubles à l'ordre public".

Le locataire de la place Beauvau a également évoqué de nombreux appels à rassemblements repérés sur les réseaux sociaux, émanant notamment de mouvances radicalisées. Il a qualifié la journée de samedi de journée "à risque très élevé de troubles à l'ordre public".

Concrètement, les masques de sorcière, de squelette ou de monstre resteront autorisés pour célébrer Halloween. En revanche, les personnes qui les porteront au sein ou aux abords immédiats d'une manifestation présentant des risques de troubles à l'ordre public pourront faire l'objet de poursuites. Les autorités entendent ainsi éviter que la fête ne serve de prétexte à dissimuler son identité lors des rassemblements.