Dans un courrier adressé aux préfets, le ministre de l'Intérieur estime que le risque de violences urbaines sera "très élevé" samedi 31 octobre, du début de soirée jusque tard dans la nuit. Il demande un dispositif "puissant, réactif et agile", avec des repos suspendus et des mesures pouvant aller jusqu'au couvre-feu.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, redoute de nouvelles violences samedi 31 octobre. Dans un courrier adressé aux préfets, il écrit que "du début de soirée jusque tard dans la nuit, le risque de violences urbaines est très élevé". Le ministère demande aux préfets de mobiliser "pleinement" l'ensemble des services de l'État pour y répondre.
Après les "groupes massifs d'individus, extrêmement mobiles" du 17 octobre et les "tentatives de profils à risque" du 24, le ministère dit avoir repéré sur les réseaux sociaux "de multiples appels à rassemblements dans les centres-villes", "au prétexte de la fête d'Halloween", à partir de 20h. Leur analyse "ne laisse pas de doute sur les intentions de leurs auteurs de commettre de nouvelles exactions", affirme le texte.
Couvre-feu, drones, repos suspendus
Les préfets sont invités à prendre des "arrêtés périmétriques interdisant tout regroupement", voire des "arrêtés de couvre-feu pour les zones les plus à risque", à autoriser les drones et à envisager la fermeture de gares ou de stations.
Laurent Nuñez a aussi validé la suspension des repos des policiers et gendarmes pour atteindre 75% de disponibilité. Il demande des "interventions systématiques" en cas d'atteintes aux personnes et aux biens, sans "restrictions de principe" sur les moyens employés, mais avec un usage "proportionné".
Ces moyens ne sont pas illimités. La France compte 26.000 membres des forces mobiles spécialisées, dont une partie n'est pas disponible. Et 267 policiers et gendarmes ont encore été blessés samedi dernier. Si la mobilisation devait durer jusqu'à la présidentielle, "un tel calendrier poserait un réel problème de régénération des forces".