Météo France annonce qu'il va produire des cartes de vigilance plus précises, dans le but de définir à l'intérieur d'un même département les zones les plus à risques sur des phénomènes météorologiques comme le vent, la pluie-inondation, la neige-verglas et les orages.
Météo-France va produire et diffuser des cartes de vigilance plus précises, permettant de définir à l'intérieur d'un même département les zones les plus à risques sur des phénomènes météorologiques comme le vent, la pluie-inondation, la neige-verglas et les orages, a annoncé le prévisionniste mardi.
"On va faire progresser la vigilance pour lui donner plus de précision sur la localisation géographique des dangers à un niveau plus fin que le département qui était jusqu'à maintenant la norme", a indiqué lors d'un point presse, Benoît Thomé, directeur des relations institutionnelles de Météo-France.
"Avertir plus finement les populations"
Créée en 2001, la vigilance de Météo-France vise à attirer l'attention sur les dangers potentiels d'une situation météorologique. Elle concerne neuf types de phénomènes (vent, orages, vagues-submersion, crues, pluie-inondation, grand froid, canicule, avalanches, neige-verglas), et comprend quatre niveaux (vert, jaune, orange, rouge) établis en fonction de l'intensité des phénomènes attendus et de ses possibles impacts sanitaires.
Jusqu'à maintenant seuls les phénomènes de vagues-submersion et d'avalanches, par définition très localisés, étaient traités au niveau infradépartemental. L'extension de ce dispositif à de nouveaux phénomènes météorologiques "va permettre d'avertir plus finement les populations", a expliqué Mathieu Plu, directeur des opérations pour la prévision chez Météo-France.
Il fournira aussi une "information supplémentaire" aux autorités de la sécurité civile pour mieux anticiper les phénomènes et positionner les moyens de secours plus finement "et donc d'être plus efficaces et plus réactifs" et de mieux protéger les populations, a ajouté Benoît Thomé.
"Le dérèglement climatique accroît la fréquence et l'intensité de nombreux événements météorologiques. (...) Mieux connaître et mieux localiser les risques, c'est permettre de mieux s'y préparer et d'en réduire les conséquences sur les populations et les territoires" pour "mieux faire face aux risques", a expliqué la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut dans un communiqué.
Il faudra cliquer sur le département concerné
Concrètement, les cartes de vigilance disponibles par exemple sur l'application Météo-France resteront présentées par défaut avec des couleurs de vigilance au niveau de l'ensemble du département.
C'est en cliquant sur le phénomène concerné et en zoomant sur un département qu'il sera possible "lorsque la situation météorologique prévue le permet, avec suffisamment de certitudes" de faire apparaître au sein d'un ou plusieurs départements les zones où les conséquences attendues sont les plus sévères. Mais cela ne sera pas systématique, a précisé Benoît Thomé.
Un dégradé de couleur matérialisera le passage progressif d'un niveau de danger à l'autre. Car, si les modèles de prévision et l'expertise des prévisionnistes "ont beaucoup progressé ces dernières années", avec parfois une résolution des modèles au kilomètre près, il reste malgré tout des marges d'incertitudes, reconnaît Mathieu Plu.
Ainsi sur des phénomènes comme les inondations par ruissellement ou les tornades "qui sont des phénomènes très, très soudains, très locaux", la prévisibilité du lieu exact restera "limitée". De même une localisation de phénomène au niveau communal serait "illusoire", a ajouté Benoît Thomé. Météo-France prévoit d'étendre à l'avenir cette vigilance infradépartementale à d'autres phénomènes : pour la vigilance canicule, "on y travaille pour qu'on soit prêt à l'été prochain", a indiqué Benoît Thomé.