Selon l'étude Timss de 2023, la France dernière de l'Union européenne sur le niveau en mathématiques de ses élèves. Face à ce classement dramatique, une nouvelle méthode d'apprentissage est expérimentée depuis la rentrée. Mais celle-ci ne rencontre pas les faveurs du corps professoral.
La France, zéro pointé en mathématiques. C'est le triste constat de l'étude Timss de 2023, où l'Hexagone arrive en dernière position, à l'échelle de l'Europe. C'est même une "bombe à retardement", selon les termes employés par Olivier Andriès, le directeur général de Safran, devant les sénateurs.
Devant ce constat d'échec, l'Éducation nationale a approuvé une nouvelle méthode d'enseignement des maths depuis la dernière rentrée scolaire. Quelques mois après sa mise en place, les effets ne rencontrent pas les mêmes réactions.
"Ça nous habitue à justifier la réponse"
Dans une classe de CM1 de la commune d'Amilly, dans le Loiret, les écoliers n'essayent plus de chercher par eux-mêmes. Et les séances sont organisées en trois temps. "Je vais commencer par vous montrer comment on fait pour comparer les fractions : premier exemple, on va essayer de comparer 1/2 et 1/3. Après, avec les élèves, nous essayons de les entraîner pour qu'ils puissent faire seuls", explique la professeure.
Autre changement : les élèves doivent pleinement participer. "On doit expliquer comment on a trouvé le résultat. Ça nous aide aussi et nous habitue à écrire la justification", témoigne l'un d'entre eux.
Vers une généralisation l'an prochain
Une méthode qui fait ses preuves selon le rectorat, qui assure que les enfants progressent plus vite sur certaines notions. Une déclaration qui ne convainc pas Mélanie Guenais, maîtresse de conférences en mathématiques à l'université Paris-Saclay.
"La méthode est basée sur l’enseignement explicite. Ce sont des méthodes qui sont magistrales, c’est très basé sur la répétition des tâches. Ça va peut-être favoriser l’amélioration des résultats à des tests parce qu’on a entraîné à ces mêmes tests", explique-t-elle.
L’expérimentation doit être évaluée à la fin de l’année. Elle pourrait être étendue à d’autres classes dès la rentrée prochaine.