Après l'agression d'une enseignante à Evry-Courcouronnes par un élève, le ministre de l'Éducation a affirmé ce jeudi que l'enfant, atteint d'un "handicap très lourd", était en attente d'une place dans un institut spécialisé.
Les faits se sont produits le 11 septembre dernier, dans la cour de l'école Jacques Tati à Evry-Courcouronnes (Essonne), pendant une crise de l'élève. L'enseignante a été frappée à coups de poing, de genou et d'épaule. La professeure serait intervenue pour séparer l'enfant d'un camarade avant d'être à son tour prise pour cible.
"Nous avons un élève de 8 ans qui présente manifestement des troubles psychologiques extrêmement sérieux, qui est très handicapé, et qui a explosé de colère et qui a commis des actes et tenu des propos inqualifiables", a expliqué Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, dans le cadre d'un déplacement au rectorat de Créteil.
"Il s'est mis à me crier dessus, "je vais te tuer, je vais t'égorger", en faisant le geste", a-t-elle relaté. L'élève l'aurait ensuite poussée au sol avant de lui porter plusieurs coups.
Un enfant porteur de handicap
L'enseignante, qui a porté plainte, a été placée en arrêt de travail (ITT), selon le rectorat de Versailles. Mardi, un mouvement de grève a été lancé dans l'école pour dénoncer la situation.
"On ne touche pas à un professeur", a affirmé le ministre, mais "on n'est pas dans l'hypothèse d'un enfant qui en pleine connaissance de cause et d'une manière consciente aurait voulu agresser un professeur", a-t-il poursuivi. L'enfant qui "présente un handicap très lourd", a-t-il insisté, "avait une notification pour aller en ITEP", un institut thérapeutique, éducatif et pédagogique, a-t-il précisé.
"Sa professeure ne peut évidemment pas le reprendre comme si rien ne s'était passé", a assuré Édouard Geffray qui a indiqué avoir demandé au recteur de l'académie de Versailles et au directeur général de l'Agence régionale de Santé de lui trouver "de manière urgente, dans les heures ou jours qui viennent" une place d'accueil dans une structure spécialisée.
"Une équipe éducative a été réunie afin d'adapter l'emploi du temps de l'élève concerné", a de son côté indiqué le rectorat de Versailles.
"Par ailleurs, les enseignants spécialisés de la circonscription ont été mobilisés pour apporter un appui pédagogique", a-t-il poursuivi, en précisant que des recrutements d'accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) étaient en cours au niveau du département avec "une priorité d'affectation pour le groupe scolaire Jacques Tati".