Ces radars modernes sont censés être indestructibles... mais beaucoup sont détruits

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Chaque radar coûte 32.000 euros. 1:28
Chaque radar coûte 32.000 euros. © GUILLAUME SOUVANT / AFP
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Censés être "indestructibles", les radars nouvelle génération ne le sont en réalité pas vraiment. Alors que leur implantation a débuté en cours d'année, les destructions de ces Mesta Fusion 2 ont déjà coûté 80 millions d'euros. Ce qui agace terriblement Emmanuel Barbe, le Délégué Interministériel à la Sécurité routière.

Ils devaient être difficiles à vandaliser, mais c'est l'inverse. Déployés depuis cette année sur le bord des routes, les radars tourelles étaient censés être plus performants, et surtout indestructibles. Mais force est de constater que c'est loin d'être le cas. Dernier exemple en date : jeudi soir en Ardèche, un Mesta Fusion 2 a été détruit quelques heures seulement après son installation.

Un mât trop fragile...

Même s'ils sont perchés sur un mât de trois mètres de haut et fixés par un support coulé dans une dalle de béton, les radars tourelles ne sont pas à l'abri : le métal de leur mât est trop fin, si bien qu'il est possible de le découper avec une scie meuleuse. il peut encore plier sous les coups d'un véhicule, voire être arraché. Et il suffit d'incendier un pneu contre le mât pour que la chaleur finisse par le faire plier. Mais ce n'est pas tout, le radar en lui-même est aussi défaillant en terme de sécurité. 

...et une coque en plastique

Au lieu d'être en métal comme les générations précédentes, la coque qui entoure les composants est en plastique, il est donc assez aisé de la faire fondre. Sans compter que les vitres de la cabine ne résistent ni au plomb, ni aux balles... Depuis leur mise en place dans le courant de l'année 2019, le coût des dégradations a déjà grimpé à 80 millions d'euros. Mais dégrader un radar n'est pas sans risque, puisque les responsables encourent jusqu'à cinq ans d'emprisonnement, et une amende de 100.000 euros.

"Casser des radars, c’est casser des biens publics qui sont construits avec de l’argent public"

Emmanuel Barbe, le Délégué Interministériel à la Sécurité routière, s'est ému sur Europe 1 de ces multiples destructions : "Casser des radars, c’est casser des biens publics qui sont construits avec de l’argent public. Je signale que tous ces radars sont précédés de panneaux qui, comme par hasard, eux, restent en place. Et donc, on peut en effet essayer d’être dans une course permanente à renforcer les dispositifs [de sécurité des radars] mais je voudrais remettre l’église au centre du village : des biens publics de sécurité, on ne les détruit pas. De la même façon, on pourrait après tout détruire les feux rouges… non ? C’est gênant les feux rouges… Il ne faut pas se réjouir de la destruction des radars parce  que c’est peut-être le signe avant-coureur d’autres destructions. Dès que quelque chose ne nous plaît pas, on le casse… Cela n’est pas acceptable. Quand on nous dit que [les radars]sont des pompes à fric, je voudrais rappeler à quel point ce que coût la violence routière à la société française : c’est ça, une vraie pompe à fric ! Chaque année, c’est 50 milliards d’euros que la société consacre à la réparation de la violence routière. A côté de cela, les recettes de radars, c’est juste dérisoire. Je crois qu’il faut commencer le bon raisonnement, et le bon raisonnement, c’est de s’indigner devant les saccages de délinquants".

Europe 1
Par Aude Leroy, édité par Ugo Pascolo