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Stéphane Place, édité par Manon Fossat , modifié à
Des enseignants, étudiants et infirmières scolaires manifestent ce mardi un peu partout en France pour réclamer plus de moyens humains et financiers, et dénoncer un état de précarité générale dans l'éducation nationale. A Bordeaux, notre correspondant Stéphane Place est allé à leur rencontre.
REPORTAGE

Les personnels de l'Education nationale, rejoints par les infirmières scolaires mais aussi les lycéens et les étudiants, sont appelés à se mobiliser dans la rue ce mardi partout en France pour faire entendre leur voix. A l'appel d'une intersyndicale composée notamment de la FSU, de la CGT et de FO, des défilés doivent se tenir à Paris et dans plusieurs autres villes, dont Bordeaux, où s'est rendu le correspondant sur place d'Europe 1.

"Enormément d'heures supplémentaires"

Les manifestants présents dans le cortège bordelais qui s'est élancé ce mardi midi dans le froid dénoncent, entre autres, le manque de moyens dans les établissements scolaires. A l'image d'Olivier, professeur de mathématiques dans un collège. "Aujourd'hui ce n'est pas forcément un conflit sur les salaires", explique-t-il au micro d'Europe 1. "On nous demande d'absorber énormément d'heures supplémentaires. En plus, il y a une surcharge d'effectifs puisque l'on passe quand même régulièrement à 32 ou 33 élèves dans chaque classe. Et les conditions sanitaires et d'apprentissage ne sont plus du tout respectées."

Les enseignants réclament donc plus de postes mais également la reconnaissance des assistants d'éducation, autrement appelés les "pions", comme Suzie, présente dans le cortège. "Il faut savoir qu'assistant d'éducation, on ne peut le faire que six ans maximum et il y a certaines personnes pour qui c'est vraiment une vocation professionnelle. On a un statut précaire : on n'est ni en CDI, ni titulaire, mais sous contrat CDD, renouvelable tous les ans. On est psy, on est maman, on est infirmière...Mais on a aucune formation et sans nous, pourtant, ça ne fonctionnerait pas."

La "précarité générale" de l'université

Egalement présents lors de ce rassemblement, des étudiants venus réclamer la réouverture des universités. Antonin, qui suit un Master de sociologie, regrette le manque de moyens global. "Pour rouvrir ces facs il faut des profs, il faut titulariser ceux qui existent, il faut des salles...C'est une question de précarité générale et de perspectives après l'université." En somme, ce que redoutent les manifestants, c'est surtout le "démantèlement" du service public de l'Education.