A la veille d’une nouvelle journée de mobilisation contre le coût de la vie et en soutien aux lycéens, seules les manifestations organisées par les syndicats seront autorisées ce samedi, a prévenu Emmanuel Macron. À Paris, durement touchée par les émeutes le week-end dernier, un dispositif particulier est prévu, avec notamment des zones sous couvre-feu et de nombreuses stations de métro fermées.
Un "acte II" particulièrement attendu. La mairie de Paris a appelé jeudi la population "à la plus grande vigilance" dans la capitale face "aux risques de nouvelles violences commises par des casseurs sans lien avec le mouvement social", les autorités entendant renforcer le dispositif policier après avoir dû admettre avoir sous-estimé les risques le 17 octobre.
En effet, à Paris, alors qu'un cortège avait été autorisé entre Bastille et Nation, la préfecture de police a "imposé" un "changement de parcours" vendredi après-midi. Finalement, la manifestation devrait partir de la Porte de Vincennes pour rejoindre la Porte d'Italie. Une décision dénoncée par l'intersyndicale d'Île-de-France, qui considère la demande "inacceptable" en raison d'un parcours "impossible à sécuriser". Dans un communiqué, les syndicats annoncent "refus(er) ce jeu dangereux" et affirment "qu'elles iron(t) à Bastille" comme prévu.
Jeudi, le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a d'ailleurs demandé aux commerçants de recourir "s’ils peuvent à la sécurité privée". Pour rappel, quelque 3.000 commerces ont été pillés partout en France depuis la semaine dernière. Ce dernier justifie ces décisions par "les exactions constatées comme à la fin des dernières manifestations, en particulier le 13 octobre", qui "incitent à la plus grande prudence dans le choix des itinéraires afin de faire respecter l’ordre public".
Une journée sous haute surveillance
Pour cette nouvelle journée, les forces de l'ordre, dépassées le 17 octobre, seront 20% plus nombreuses que la semaine dernière, a affirmé le gouvernement, soit 12.000 policiers et gendarmes supplémentaires sur tout le territoire. Elles seront épaulées par les militaires de la force Sentinelle, des unités d'élite de la police et de la gendarmerie, comme le Raid, le GIGN ou la BRI, ainsi que des hélicoptères et des blindés, a précisé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.
Le vice-président du Rassemblement national Sébastien Chenu a affirmé dans le Grande interview Europe1/CNews y voir la preuve "que l'Etat n'est pas capable de protéger les Français". Le président du réseau des chambres de commerce et d'industrie en France (CCI France), Alain Di Crescenzo, a quant à lui conseillé de "laisser faire la police". "On n'est pas là pour le maintien de l'ordre public", a insisté le président de CCI France sur Europe 1, qui craint "des actes complètement fous qui viseraient à faire soi-même sa sécurité".
Une vingtaine de stations de métro fermées
Le couvre-feu "interdisant la présence des majeurs comme des mineurs, dans les périmètres de la Place de la République et du secteur des Halles" entre 23 heures et 6 heures du matin a été prolongé jusqu’au lundi 25 octobre, a annoncé la préfecture de Paris jeudi.
De nombreuses stations de métros seront ainsi rendues inaccessibles au public, prévient sur son site la RATP. Dans le détail, les arrêts ne seront pas desservis ce 24 octobre dès 9h du matin à :
- Argentine (ligne 1),
- Assemblée Nationale (ligne 12),
- Bel Air (ligne 6),
- Champs-Elysées - Clemenceau (lignes 1 et 13),
- Charles de Gaulle-Étoile (lignes 1, 2 et 6, RER A),
- Cluny - La Sorbonne (ligne 10),
- Concorde (lignes 1, 8 et 12),
- Daumesnil (lignes 6 et 8),
- Dugommier (ligne 6),
- Franklin D. Roosevelt (lignes 1 et 9),
- George V (ligne 1),
- Mabillon (ligne 10),
- Maubert - Mutualité (ligne 10),
- Miromesnil (lignes 9 et 13),
- Odéon (lignes 4 et 10),
- Picpus (ligne 6),
- Rennes (ligne 12),
- Rue du Bac (ligne 12),
- Sèvres - Babylone (lignes 10 et 12),
- Solférino (ligne 12),
- Tuileries (ligne 1)
- Varenne (ligne 13).
Des interruptions de trafic sont également à prévoir dès 9h du matin sur la ligne 2 : entre Barbès - Rochechouart et Nation (incluant l'interruption de trafic déjà en cours entre Barbès – Rochechouart et Père-Lachaise en raison de travaux de rénovation), sur la ligne 6 entre Kléber et Charles de Gaulle - Etoile et enfin, sur la ligne 12 entre Madeleine et Notre-Dame-des-Champs.
Musées fermés et festivités annulées
A noter que plusieurs grands musées parisiens, dont celui du Louvre et Orsay, seront exceptionnellement fermés samedi par crainte de nouveaux débordements, a annoncé jeudi le ministère de la Culture dans un communiqué. Ces fermetures s’appliqueront également au Grand Palais, aux musées Picasso et à l'Orangerie.
La rue de Valois appelle plus généralement "l’ensemble des établissements placés sous sa tutelle" à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer "la sécurité des visiteurs", "la protection des agents" et la "préservation des œuvres".
Outre ces fermetures, des évènements culturels ont en parallèle été annulés à Paris ce week-end, dont "Mon Premier Festival", programmé dans le centre de la capitale. Contrairement à ce qui était initialement prévu, la foire internationale d’art contemporain Art Basel a elle aussi choisi de renoncer à rester ouverte samedi et dimanche. Le match de Ligue 1 PSG-OL programmé dimanche a également été reporté.