Une nouvelle mobilisation est prévue ce week-end partout en France. Une semaine après les émeutes du 17 octobre, les commerçants redoutent une fois encore le pire. Des hommes et des femmes qui "sont en train de craquer", selon Alain di Crescenzo, président de CCI France, sur Europe 1.
Les stigmates sont encore présents et ils craignent encore d'être pris pour cible. Les commerçants redoutent la nouvelle journée de mobilisation prévue ce samedi, une semaine après les émeutes qui ont éclaté en marge des manifestations du 17 octobre.
Invité d'Europe 1 Matin, Alain di Crescenzo, président de CCI France, a annoncé que "2.241" commerces ont été pillés et même saccagés partout sur le territoire. Des milliers de commerçants se retrouvent en difficulté financière mais aussi psychologique.
"Ça veut dire des actes suicidaires"
"C'est l'incompréhension, la colère, la détresse, la fatigue et c'est dangereux. On les voit aussi parce que nous avons monté, dans chaque chambre de commerce et de l'industrie, des cellules de soutien psychologique. J'ai rencontré les psychologues et ils nous disent que les commerçants sont en train de craquer".
Des difficultés psychologiques qui peuvent même mener à des pensées dangereuses : "Ça veut dire des actes suicidaires qui peuvent arriver, et deuxièmement, des actes complètement fous qui viseraient à faire soi-même sa sécurité", précise Alain di Crescenzo.
Le président de CCI France appelle les commerçants à chasser l'envie d'en "découdre" avec les pilleurs et il s'inquiète des témoignages de ceux qui s'arment en vue des mobilisations de ce week-end.
"J'entendais ce matin des gens qui s'arment. On me dit que c'est avec des balles en caoutchouc, mais ce n'est pas sérieux. J'étais sur le terrain et j'ai vu des battes de baseball, des barres à mine et des fusils de chasse et je ne pense pas que ce soit des balles en caoutchouc. C'est extrêmement préoccupant et je leur dis que ce n'est pas à eux de faire ce job-là. C'est ajouter de la souffrance à la souffrance. Il faut laisser faire la police et je recommande la plus grande prudence".