Mécontents après la réunion non concluante entre leurs syndicats et le ministère de l'Intérieur jeudi, les pompiers, qui réclament davantage de moyens ainsi que des recrutements massifs, manifestaient à Roubaix ce vendredi.
Pneus et palettes en feu devant la caserne de pompiers de Roubaix. "Stop au mépris" peut on-lire sur une bâche blanche. Cette action, c’est le coup de pression des pompiers après la rencontre jeudi entre Laurent Nuñez et leurs syndicats.
Ces derniers s'étaient dit "très déçus" au sortir de leur réunion place Beauvau et ont appelé à une "mobilisation intensive" le 29 septembre prochain pour protester contre le manque de moyens et réclamer des recrutements massifs.
"On veut du factuel, du réel"
En attendant, plusieurs d'entre eux tentent déjà de se faire entendre en faisant grève. Notamment à Roubaix (Nord) où un débrayage est en cours depuis ce vendredi matin.
"C’est encore du blabla politique, des promesses, il n'y a rien", grommelle Marc Lehoucq, secrétaire général CGT du SDIS 59 qui poursuit : "Nous, on veut du factuel, du réel… Le ministère de l’Intérieur n’a pas l’air de l’avoir compris hier (jeudi) en recevant tous les syndicats. On veut des engins qui partent avec les effectifs, des engins corrects pour partir en intervention. Il y a vraiment urgence à intervenir au sein du financement des SDIS et tout ce qui va avec".
"On a une pauvre cagoule à 12€ même pas filtrante"
Sur place, une cinquantaine de pompiers dont Eric qui, de son côté, dénonce ce matériel dégradé utilisé lors des incendies de cet été 2026, particulièrement dévastateurs. "On évacue 240.000 personnes avec des fumées toxiques qui peuvent tuer... Et nous, on a une pauvre cagoule à 12€ même pas filtrante !".
Des pompiers qui alertent également sur le management toxique de leur direction. Au point que certains vont travailler avec la boule au ventre, témoigne un autre soldat du feu.