Face à la fraude sociale, l'assurance maladie fait la chasse aux contrevenants et met en place de nouvelles solutions pour limiter les faux arrêts de travail, avec notamment un nouveau Cerfa avec encre magnétique et hologramme.
La lutte contre la fraude s'accélère. L'an dernier, l'assurance maladie a détectée et stoppée près de 723 millions d'euros de fraude, un chiffre en hausse de 15% par rapport à l'année précédente. Parmi les fraudes les plus rependues : les faux arrêts de travail.
Chaque jour, à la Caisse Primaire d'Assurance de Douai, près de 30.000 enveloppes arrivent dans cette organisme, dont 5.000 arrêts de travail. Mais depuis l'été dernier, un nouveau Cerfa sécurisé avec des marqueurs magnétiques est disponible.
Une fraude désormais limitée
Sur les nouveaux formulaires Cerfa, Sandrine, en charge du courrier, vérifie les marqueurs. "On a le bandeau orange, c’est comme une petite trace de fluo en bas de la page et le petit hologramme sécurisé…Si on détecte un faux ou si on a une suspicion, on va voir direct un manager", explique-t-elle au micro d'Europe 1.
Dans la pièce à côté, une machine de 7 mètres de long qui numérise ces arrêts de travail. "C’est un scanner qui a plusieurs capteurs intégrés, des caméras automatiques, des détecteurs d’épaisseurs, d’encre magnétiques et qui va scanner l’arrêt d’avis de travail sécurisé, explique Franck Delohen, responsable à la CPAM de Douai.
Grâce à ce nouveau formulaire Cerfa, la fraude est limitée mais elle existe toujours à cause des anciennes version papier. Des reliquats conservés par des professionnels de santé et non sécurisés.
Des arrêts de travail déjà volés
"En 2025, nous avons détecté 34 millions d’euros de faux avis d’arrêt de travail….Nous avons pu stopper, avant paiement, la moitié de ces 34 millions d’euros", insiste Fabien Badinier, directeur de la lutte contre la fraude à l’assurance maladie.
Mais ces nouveaux formulaires sécurisés font également l’objet de convoitises selon ce responsable. "Ils ont une valeur monétaire et on a déjà constaté des vols dans les hôpitaux ou cabinets médicaux" conclut-il.