Loisirs, sommeil, vacances... Ou quand le travail s'immisce dans votre vie privée : "On n'arrive pas à se déconnecter"

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travail à la maison, charge mentale, 2000*1000
Alors que certains outils de travail pénètrent dans notre salon, il n'est pas toujours évident de déconnecter. (photo d'illustration) © Pixabay
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Selon un sondage Ifop-Mooncard, 95% des cadres avouent penser à leur travail pendant leur temps libre. Huit sur dix se plaignent de cette situation dans le privé, et neuf sur dix dans le secteur public. 
ON DÉCRYPTE

"Ça m'arrive de rêver du travail, de repenser à des dossiers en plein milieu de la nuit, que j'ai oublié de traiter telle ou telle chose...". Si vous vous êtes reconnu dans cette phrase, c'est que comme Matthieu, banquier, votre travail s'est immiscé dans votre vie personnelle. Selon un sondage Ifop-Mooncard publié ce mercredi à propos de la charge mentale au travail et ses implications dans la vie privée des cadres, 95% d'entre eux pensent à leur travail le soir à la maison. 

"Même en vacances, il a fallu que je reste joignable"

Mais le sommeil n'est pas le seul domaine à être grignoté par le travail sur des temps de repos. "Fréquemment le dimanche, pendant mon petit jogging du matin, je repense un petit peu à tout ce que j'ai laissé en suspens pendant la semaine", indique-t-il. "Même en vacances, il a fallu que je reste joignable. C'est normalement un temps réservé à la détente et à l'évasion mentale". À l'heure de l’hyper-connectivité et des mails professionnels qui nous suivent jusque dans notre chambre à coucher, déconnecter n'est pas une mince affaire. 

Ainsi, ce sont huit cadres sur dix qui estiment qu'ils ont plus de tâches à accomplir qu’auparavant. Smartphone professionnel ou ordinateur portable directement fourni par votre employeur sont les voies royales pour permettre à votre travail de pénétrer dans votre salon. "On est souvent tenté de regarder ses mails, ses messages clients, etc.", confirme Marie, qui se retrouve parfois à répondre à des mails à 23 heures. Si elle a conscience de ne pas être "dans une situation normale", elle "le fait quand même" : "on n'arrive pas à se déconnecter", avoue-t-elle. 

Un phénomène qui touche aussi bien les cadres du secteur public que privé, même si les premiers sont 90% à se plaindre de cette situation, contre 80% pour les seconds. 

Europe 1
Par Jean-Jacques Héry, édité par Ugo Pascolo