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Les salariés de TotalEnergies appelés à faire grève pour les emplois et les salaires

[Michael Nguyen / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Les salariés de "tous les sites" de TotalEnergies en France sont appelés à faire grève jeudi à l'appel de la CGT, sur fond de crise des carburants.

Raffineries, usines de caoutchouc, mais aussi certaines stations-service : les salariés de "tous les sites" de TotalEnergies en France sont appelés à faire grève jeudi à l'appel de la CGT, pour l'emploi et les salaires.

"Partout dans le groupe, les effectifs sont sous tension", avec des conséquences pour la sécurité, selon le syndicat, qui déplore "des départs non remplacés", un "recours massif" à l'intérim, aux "CDD à répétition", et à la sous-traitance.

Autre point de mécontentement, des salaires qui "stagnent et sont même rattrapés par le Smic dans les filiales du groupe". Alors que les ventes de carburants ont connu ces dernières semaines des difficultés logistiques liées à la guerre au Moyen-Orient et au plafonnement par le groupe des prix dans ses stations-service, ce mouvement de 24 heures pourrait se traduire, s'il est suivi, par des expéditions de carburants "bloquées ou ralenties", a indiqué à l'AFP Eric Sellini, coordinateur CGT pour le groupe.

"200 euros mensuels" d'augmentation

Certaines des quelque 180 stations-service de la filiale Argedis, principalement sur autoroute, pourraient aussi être bloquées. Cet appel à la grève a été maintenu malgré l'annonce par la direction du versement aux salariés d'une avance de 1.000 euros sur leur prime annuelle, dont le montant total doit être discuté en décembre, lors des négociations salariales annuelles.

Dans un tract, la CGT réclame notamment l'"embauche de tous les intérimaires" et "le gréement des postes vacants (...) par des CDI TotalEnergies". En ce qui concerne les salaires, la CGT réclame "200 euros mensuels" d'augmentation "pour toutes et tous" et la "mise en place d'un salaire de base minimum" pour tous les salariés "à hauteur de 1,2 Smic".

Un bénéfice élevé

La CFDT du groupe, pour sa part, veut "croire en une négociation et un dialogue social qui va permettre d'obtenir un meilleur partage de la valeur", a indiqué Geoffrey Caillon, coordinateur du syndicat réformiste à l'échelle du groupe, qui n'a pas appelé à faire grève.

Comme la CGT, au-delà des salaires, il souhaite interpeller la direction sur l'emploi "et la partie investissements de maintenance". "On ne peut pas aujourd'hui, avec un tel besoin de carburants, avoir un outil de raffinage qui ne soit pas regardé de près en termes de maintenance et en termes d'effectifs", a-t-il ajouté.

Le bénéfice net du groupe s'est élevé à 11,2 milliards de dollars (environ 10 milliards d'euros) sur l'ensemble du premier semestre, en progression de 73% sur un an.