Les jeunes et le climat : "Montrer qu'il y a une urgence presque plus grande" que le Covid

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Les jeunes militants pour le climat se mobilisent vendredi et samedi, un peu partout en France. © Raphael LAFARGUE / AFP
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Les jeunes du mouvement pour le climat reprennent leurs actions après six mois de pause, vendredi et samedi. Pour Camille Étienne, étudiante et militante invitée d'Europe 1, l'enjeu de cette mobilisation est de montrer qu'il ne faut pas négliger l'urgence climatique en pleine crise sanitaire et économique.
INTERVIEW

Le mouvement des jeunes en faveur de la défense du climat fait sa rentrée : de nombreuses actions sont prévues vendredi et samedi, en France, après six mois de pause forcée par la crise du coronavirus, le confinement, les nombreuses restrictions et les vacances scolaires. Pour l'occasion, la mobilisation nationale de Youth for Climate France s'adapte au contexte du Covid-19, dont elle ne veut pas voir les conséquences occulter l'urgence climatique. C'est ce qu'affirme Camille Étienne, étudiante et militante pour le climat, porte-parole du mouvement "On est prêt" sur YouTube.

Actions alternatives aux marches

"On a réussi à mettre sur pause ce vieux monde pour une urgence sanitaire. C'était important", estime au micro d'Europe 1 l'étudiante à Sciences Po Paris, âgée de 22 ans. "On aimerait montrer qu'il y a une urgence presque encore plus grande et qu'il faut qu'on prenne au sérieux."

Afin de s'adapter à un contexte sanitaire contraint, les militants organiseront des occupations de places, des "mobilisations pancartes" ou des "vélorutions", véritables défilés à vélo. "Il est important de se réinventer et de voir qu'il y a d'autres manières de se mobiliser que de faire des marches", concède Camille Étienne.

L'écologie "mise de côté"

Pour convaincre l'opinion publique face à ceux qui insistent sur le bilan humain de l'épidémie en France, l'étudiante souligne l'impact du dérèglement climatique sur la mortalité dans notre pays. Certes, la mort de plus de 30.000 personnes du Covid-19 est "dramatique" mais, dit-elle, "il y a 50.000 personnes qui meurent chaque année de la pollution de l'air, rien qu'en France. L'urgence est largement à la hauteur et on attend que les décisions prises soient ambitieuses."

Et pour l'heure, celle qui avait invité la population à "se réveiller" au moment du déconfinement déplore un passage au second plan des enjeux écologiques : "On les a mis de côté, d'une certaine manière, quand on voit que le Medef avait demandé un moratoire sur les lois environnementales", pointe-t-elle. "Les lobbies du plastique ont poussé pour que des lois ambitieuses soient retardées sous couvert d'une urgence sanitaire et économique alors qu'on voit que ce sont des choses extrêmement liées."