Les Français, "heureux individuellement mais malheureux collectivement", selon le philosophe Frédéric Lenoir

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Très critiques, habitués à polémiquer… Les Français sont "masochistes collectivement", juge le philosophe et sociologue Frédéric Lenoir, invité de Nikos Aliagas jeudi matin.

INTERVIEW

Les Français sont-ils des gens heureux ? Les sondages diffèrent sur la question. Selon le philosophe et sociologue Frédéric Lenoir, invité de Nikos Aliagas dans la Matinale d'Europe 1 jeudi, il ne faut pas essayer de généraliser, car nous ne sommes quasiment jamais complètement heureux ou complètement malheureux. Mais les Français ont bel et bien leur spécificité.

Les Français parmi les plus pessimistes au monde. "On est un peuple plutôt heureux, mais le paradoxe c'est qu'on est malheureux collectivement. Individuellement, ça va plutôt bien, avec des moments difficiles bien sûr. Mais collectivement, on est l'un des peuples les plus pessimistes de la Terre. On se dit que tout va mal dans notre pays, alors qu'on est l'un des plus enviés, les plus visités, où il y a des lois sociales", observe Frédéric Lenoir, qui se désole de constater une forme de "masochisme collectif" dans notre société. "Alors qu'il y a beaucoup de choses qui pourraient nous rendre fiers d'être Français", soutient-il.

"En France, on trouve toujours matière à polémiquer. C'est assez symptomatique de notre culture. On est un peuple critique, ça nous vient de Descartes et Voltaire. On voit plutôt ce qui va mal que ce qui va bien", poursuit le spécialiste.

>> De 7h à 9h, c'est deux heures d'info avec Nikos Aliagas sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

S'accorder des moments de recueillement intérieur. C'est pour tenter de nous faire entrevoir la lumière dans la brume que le philosophe vient de publier Méditer à cœur ouvert, chez NiL Éditions. "La méditation a plus que jamais sa place dans la société. C'est justement parce que l'on n'a pas assez de temps que l'on doit en prendre un tout petit peu pour s'intérioriser, pour avoir des moments de recueillement, de respiration intérieure", encourage le philosophe.

Pour cela, pas besoin d'être un yogi aguerri ou un moine bouddhiste. "Il ne s'agit pas de se mettre en lotus tous les matins, mais d'avoir dans la journée des temps de respiration où l'on revient à son corps, pour ne plus être en permanence dans les pensées, le mental, les émotions… C'est tout ça qui nous rend malheureux. Le bonheur, ça vient beaucoup de l'attention, de la qualité de présence que l'on a à soi, aux autres, au monde."