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Lionel Gougelot
Les services du renseignement territorial ont recensé mardi près de 120 points de blocage, avec 12.000 agriculteurs mobilisés et plus de 6.000 tracteurs au niveau national. Une situation qui perturbe le travail des transporteurs qui pourraient mettre genou à terre avec cette crise. La Fédération nationale du transport routier tire la sonnette d'alarme. 

Après les perturbations liées à la neige, les entreprises de transport subissent de plein fouet les blocages des agriculteurs sur les autoroutes ou aux abords des grandes villes depuis une semaine. "Cela suffit à mettre les entreprises du secteur du transport routier de marchandises en grande difficulté", selon la Fédération nationale du transport routier (FNTR).

Le chiffre d'affaires qui n’a pas été réalisé pendant ces deux dernières semaines, l’allongement des temps de parcours, l’augmentation des heures de travail des conducteurs vont dès la mi-février peser sur la trésorerie de ces entreprises. Des entreprises qui disent comprendre la détresse du monde agricole mais qui en appellent au gouvernement pour débloquer la situation. 

"Je ne sais pas comment on fait pour gagner de l’argent"

Depuis la semaine dernière, Hocine chauffeur de l’entreprise Load, enchaîne les journées galères au volant de son camion, notamment aux abords de Paris. "Sur la région parisienne, on nous a fait dévier par Survilliers, ils nous ont dit 'vous vous démerdez'. Le nombre de kilomètres que l’on fait pour rien… Je ne sais pas comment on fait pour gagner de l’argent", explique-t-il au micro d'Europe 1. 

Et justement, son patron, Jean-Luc Dejode, a fait ses comptes : la moitié de ses 30 camions ralentis, voire bloqués, représente une perte de 7.500 euros par jour. "Déjà, on a une surconsommation de carburant parce qu’on utilise le réseau secondaire plutôt que l’autoroute. Il y a des heures supplémentaires pour les chauffeurs, voire des départs annulés puisque pour certains clients, on a annulé les départs, sachant que l'on allait se confronter au problème des blocages", affirme-t-il.

"On veut exercer notre métier"

Un manque à gagner et une exaspération qui commence à monter dans la profession selon ce patron, président de la Fédération nationale du transport du Nord. "Ce que l’on demande en priorité au gouvernement, c’est de débloquer la situation. Nous, on veut livrer nos marchandises, on veut exercer notre métier qui se passe sur la route. Si ce n’est pas le cas, on fera les comptes et on présentera la facture au gouvernement pour toutes les journées immobilisées", s'emporte-t-il. Des blocages qui ne peuvent pas durer, insiste Jean-Luc Dejode, même s’il comprend le désarroi du monde agricole.