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Blocus des lycées : «On ne comprend pas trop», les commerçants sous le choc face aux dégradations

[© Maurizio Orlando / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Deux incendies ont été déclenchés devant le lycée Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement de Paris. Commerçants et riverains, sidérés par l'ampleur des dégâts, se sont parfois barricadés pour protéger leurs boutiques, dans un quartier qui dit ne jamais connaître ce type de débordements.

Les agressions, les dégradations, les incendies, l'ampleur des dérapages et des dégâts causées par les blocus des lycées provoque le ras-le-bol des riverains et des commerçants. Deux incendies ont été déclenchés devant le lycée Beaugrenelle, dans le 15e arrondissement de Paris. Rue Saint-Charles, les stigmates des violences étaient encore visibles à la mi-journée. Certains commerçants se sont même barricadés.

Dans le hall d'une clinique pour chats et chiens du quartier, un grand chevalet fait désormais la promotion de boissons fraîches, un carton récupéré dans un commerce voisin sauvé des flammes. Léa, vétérinaire, raconte la scène. "Une équipe de lycéens de la rue a commencé à essayer de sortir les poubelles des commerçants et des immeubles et à y mettre le feu. On a relevé les stores pour éviter que ça crame. On a dû contacter nos clients pour éviter qu'ils viennent en consultation", explique-t-elle.

Dans l'épicerie japonaise voisine, une employée a filmé la scène avant de fermer boutique par sécurité, encore sidérée. "On ne comprend pas trop. C'est un peu trop. Il vaut mieux qu'on discute d'abord, et puis après, si ça n'avance pas, on peut manifester d'une autre manière. C'est assez dommage quand même", confie-t-elle.

"Je vais travailler tous mes sens en éveil"

Tout près de scooters et vélos électriques calcinés sur le trottoir, un commerçant dit rester sur ses gardes. "J'espère qu'il n'y aura pas de nouveaux attroupements, soit agressifs, soit incendiaires, qui vont se former. Je vais faire attention, rester à la boutique et je vais travailler tous mes sens en éveil", lance-t-il.

Ce lycée, dont la façade est désormais noircie, est pourtant un établissement qui tourne habituellement sans problème, assure un riverain qui dit vivre dans le quartier depuis 40 ans.