Le yaourt est-il vraiment si bon pour la santé ?

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Le rayon yaourt est l'un des plus riches des supermarchés.
Le rayon yaourt est l'un des plus riches des supermarchés. © JEAN-MICHEL ANDRE / AFP
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Le yaourt, star des desserts en France, répond à des normes strictes. Ses vertus sanitaires sont réelles, mais il ne faut pas en abuser. Et selon 60 millions de consommateurs, des additifs se cachent même dans certains yaourts aux fruits.
CINQ CHOSES À SAVOIR

C’est l’un des rayons les plus fournis dans les supermarchés : celui des yaourts et autres desserts frais. Pourtant, dans cette multitude, les yaourts, au sens réglementaire du terme, sont peu nombreux. Car le champion des desserts est très réglementé, en France particulièrement. Pourtant, malgré ce haut niveau d’exigence, certains yaourts contiennent des substances, notamment des additifs ajoutés à l’insu des consommateurs. C’est l’association 60 millions de consommateurs qui le révèle jeudi dans une vaste enquête sur la dangerosité des aliments. L’occasion de se pencher sur le yaourt, volontiers estampillé "bon pour la santé".  

Un yaourt, c’est quoi ?
Au sens de la règlementation française, un yaourt est le produit d’un lait fermenté par deux types de bactéries, la Lactobacillus bulgaricus et la Streptococcus thermophilus. Une autre bactérie, et le dessert n’a plus le droit à l’appellation, dans l’Hexagone tout du moins. Autre exigence : les bactéries doivent être, au moment de la date limite de consommation, au nombre de 10 millions par gramme. Enfin, "la quantité d'acide lactique libre contenue dans le yaourt ou yoghourt ne doit pas être inférieure à 0,7 gramme pour 100 grammes", édicte l’article 2 du décret numéro 88-1209 du 30 décembre 1988.

Pourquoi existe-t-il des yaourts aux fruits, sucrés ou parfumés ?
Il faut se plonger dans le même décret et lire l’article 3. "Les laits fermentés peuvent être additionnés des produits suivants : arômes ainsi que, dans la limite de 30 % en poids du produit fini, sucres et autres denrées alimentaires conférant une saveur spécifique", peut-on y lire. En clair, les producteurs peuvent ajotuer du sucre, des céréales ou des fruits. Et si 70% du dessert proposé est du yaourt, l’appellation est encore acceptée. Au-delà, en revanche, le yaourt devient un "dessert lacté" ou une "spécialité laitière".

Quelles sont les vertus du yaourt ?
Incontestablement, le yaourt possède plusieurs qualités. La plus évidente est l’apport en calcium, indispensable notamment pour la croissance des enfants et pour la solidité des os. L’apport en protéines est également notable, d’autant que, prédigérées par les ferments lactiques, elles sont mieux assimilées par le corps. Le yaourt est aussi excellent pour la flore intestinale. Il est aussi l’allié indispensable des régimes, grâce à ses protéines, qui aident à atteindre l’impression de satiété et consomment plus d’énergie pour la digestion.

Peut-on consommer des yaourts à volonté ?
Malgré tous ses bienfaits, le yaourt est à consommer avec modération, en sa qualité de produit laitier. En 2013, le Programme national nutrition santé (PNNS) avait lancé la recommandation de manger trois produits laitiers par jour. Mais en mars 2017, des experts du Haut Conseil de la santé publique ont recommandé de baisser la consommation de produits laitiers à deux par jour pour les adultes. Notamment parce que des études ont mis en lumière un lien entre surconsommation des produits laitiers et cancer de la prostate. Au point que plusieurs pays, dont la Belgique, les Etats-Unis, le canada ou la Grande-Bretagne conseillent de limiter à trois par jour la consommation de produits laitiers.

Y a-t-il des substances cachées dans les yaourts ?
C’est ce qu’affirme 60 millions de consommateurs. Pour ce qui concerne les yaourts nature, pas de problème. La seule différence de qualité entre les différentes marques tient à la provenance du lait. Les soucis concernent en fait les 30% d’éléments ajoutés dans les yaourts, les "autres denrées alimentaires conférant une saveur spécifique". L’association relève une faille juridique dans laquelle les industriels se sont engouffrés. Car si tout additif est interdit dans le yaourt en lui-même, le flou demeure pour les préparations ajoutées.

60 millions de consommateurs affirme avoir trouvé dans nombre de produits des additifs dans ces préparations, le plus souvent aux fruits, parmi lesquels des colorants, des épaississants, des correcteurs d’acidité et des conservateurs. L’association parle même de "cheval de Troie pour contourner la loi". "S’arroger le droit d’étiqueter yaourt un produit dénaturé qui contient autant, voire davantage d’additifs qu’un vulgaire dessert lacté revient à berner le consommateur", s’insurge-t-elle.

"Quand on trouve jusqu'à 12 additifs dans un yaourt, ça surexcite les papilles, ça crée des phénomènes d'addiction", explique à BFMTV Adeline Tregouët, rédactrice en chef des hors-série de 60 millions de consommateurs. "D'autre part, un lien a été fait entre la consommation d'une alimentation riche en additifs et le risque de cancer."  L’association conseille donc aux Français, qui consomment en moyenne entre 120 et 150 yaourts par an, de se contenter de yaourt nature. Ou de vérifier qu’il n’y a pas d’ingrédients artificiels dans le produit qu’ils achètent.