Le meurtrier présumé de Sarah Halimi jugé pénalement irresponsable : une "honte pour la justice", s'indigne l'avocat des enfants de la victime

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Salle d'appel du palais de justice de Paris. Cour d'appel. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP 1:12
Pour l'avocat des enfants de la victime, "on vient dans notre pays de créer une jurisprudence Sarah Halimi". © STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
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L'avocat des enfants de Sarah Halimi estime scandaleuse la décision de la cour d'appel de Paris de juger son meurtrier présumé pénalement irresponsable. Les experts avaient estimé que ce gros fumeur de cannabis était en pleine "bouffée délirante" au moment des faits.

Il n'y aura pas de procès pour le meurtre de Sarah Halimi : les magistrats de la cour d'appel de Paris ont estimé jeudi 19 décembre que le jeune homme qui a défenestré la sexagénaire juive en avril 2017 était irresponsable pénalement. Les experts avaient estimé que ce gros fumeur de cannabis était en proie à une "bouffée délirante" au moment des faits, et que son discernement était aboli. Une décision qui indigne Maître Francis Szpiner, avocat des enfants de la victime, interrogé vendredi matin sur Europe 1.

"Le doute a profité à l'assassin"

"C'est un sentiment de colère et de honte pour la justice. Un homme dont les experts disaient qu'il avait été atteint d'une bouffée délirante en raison d'une prise volontaire de toxiques, se voit donc accorder une impunité", constate l'avocat, scandalisé, qui estime que cela crée en plus un précédent : "On vient, dans notre pays, de créer une jurisprudence Sarah Halimi. Toute personne qui sera atteinte d'une "bouffée délirante" parce qu'elle aura pris une substance illicite et dangereuse pour la santé se verra exonérer de responsabilité pénale. C'est proprement hallucinant ! Et que les magistrats aient cautionné cela me laisse pantois. Si j'ose dire, le doute a profité à l'assassin."

La cour d'appel, dont la décision met fin à la détention du suspect, a ordonné son hospitalisation et des mesures de sûreté pour une durée de 20 ans, comprenant l'interdiction d'entrer en contact avec les proches de la victime et de retourner sur les lieux.

Europe 1
Par Salomé Legrand, édité par Séverine Mermilliod