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«Le métier ne fait plus sens» : les policiers manifestent pour dénoncer le manque de reconnaissance et de moyens

Devant de nombreux commissariats français, des policiers vont manifester mardi 15 septembre contre le manque de reconnaissance à leur égard. [Julie Sebadelha / AFP]

À l'appel du syndicat Un1té, des policiers se rassemblent mardi 15 septembre devant plusieurs commissariats français pour dénoncer leurs conditions de travail. Ils réclament notamment une revalorisation salariale, davantage de moyens matériels et des renforts dans leurs rangs, alors que le syndicat alerte sur une crise des vocations et un métier toujours plus exposé aux violences.

Devant de nombreux commissariats français, des policiers vont manifester mardi 15 septembre contre le manque de reconnaissance à leur égard. À l'appel du syndicat Un1té, à l'heure où le métier n'a jamais été aussi dangereux, ils demandent une revalorisation salariale, alors que leur indice est gelé depuis 10 ans. Ils demandent également plus de moyens matériels et plus de renforts dans leurs rangs car selon le syndicat, il y aurait aussi peu d'effectifs dans la police nationale qu'il y a 20 ans comme à Marseille.

Dans la cité phocéenne, les fonctionnaires de police se sentent méprisés, à l'heure où leur métier n'a jamais été aussi dangereux, comme pour ce policier de terrain qui souhaite rester anonyme : "La délinquance est de plus en plus violente, de plus en plus jeune. Le manque d'autorité dans la vie de tous les jours, c'est énorme. Des fois, vous patrouillez, vous tombez sur quelqu'un qui est en train de manipuler une arme de poing en fin de journée, en plein été. Ils manipulent l'arme de poing, ils ont tiré en l'air ou les interpellés."

"Les policiers sont contraints d'habiter loin pour ne pas être connus"

Les policiers doivent vivre loin de leur lieu de travail pour éviter les menaces
Des menaces qui visent aussi les agents en dehors de leurs heures de service. "Les policiers sont contraints d'habiter loin pour ne pas être connus, pour éviter que les enfants soient menacés, pour éviter qu'on les suive à la maison, qu'on subisse des tags. Malheureusement, ça arrive beaucoup trop souvent. Ça arrive que des collègues doivent muter pour des raisons urgentes comme celles-ci", rapporte Arnaud Blaise, référent du syndicat Un1té des quartiers nord.

La police doit aujourd'hui composer avec une crise des vocations. "Le métier ne fait plus sens, parce que nous ne pouvons répondre aux victimes et traiter les procédures comme il se doit pour pouvoir qu'il y ait une réponse pénale et que l'auteur ne soit pas impuni et ne reproduise pas ses méfaits par sentiment d'impunité perpétuelle. 

Malheureusement, aujourd'hui, c'est un peu la norme en France", déplore Eddy Sid, porte-parole du syndicat Un1té. Conséquence, selon lui, de nombreux agents se réorientent aujourd'hui vers la police municipale, beaucoup plus attrayante en matière de moyens et de rémunération.