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«L’Arc de Triomphe restera l’Arc de Triomphe» : histoire, architecture... pourquoi l'édifice de Donald Trump n'égalera pas le monument parisien

[Philippe TURPIN / Photononstop / Photononstop via AFP]

Alors que Donald Trump ambitionne de construire un arc de triomphe monumental à Washington inspiré de celui de Paris, le président français Emmanuel Macron a tenu à rappeler l’histoire de l'édifice français. Mais quelle est-elle ?

En déplacement à New York pour l'Assemblée générale des Nations unies (ONU), Emmanuel Macron a accordé un entretien à la chaîne ABC News ce mardi 22 septembre. Parmi les sujets abordés : le projet de Donald Trump de bâtir un arc XXL de 76 mètres de haut, contre près de 50 mètres pour celui de la place Charles-de-Gaulle.

Lorsque le journaliste lui demande si ce monument américain éclipsera le modèle parisien, le président français tranche, sourire aux lèvres : "Non. Paris restera Paris et l’Arc de Triomphe restera l’Arc de Triomphe, avec son histoire, son style." Une histoire singulière et séculaire que nous vous proposons de redécouvrir.

Un monument à l’origine napoléonienne

Largement ancré de nos jours dans le paysage parisien, cet édifice trouve son origine il y a plus de 220 ans, en 1805. À cette époque, Napoléon Ier, tout juste devenu empereur, remporte une victoire triomphale à Austerlitz face aux empires russe et autrichien. C’est à cette occasion qu’il promet à ses soldats : "Vous ne rentrerez dans vos foyers que sous des arcs de triomphe."

De retour à Paris, l’empereur des Français signe un décret le 18 février 1806 qui devait initialement voir la construction du monument dédié à la Grande Armée tout près de la Bastille. Finalement, en raison d’une mauvaise géométrie des lieux et d'un coût important d'expropriations, le site est déplacé sur la colline de Chaillot, devenue par la suite la place de l’Étoile.

Six mois plus tard, le 15 août 1806, sous la supervision des architectes Jean-François Chalgrin et Jean-Arnaud Raymond, la première pierre est posée le jour de l’anniversaire de l’Empereur et porte l’inscription : "L’an 1806, le quinzième d’août, jour de l'anniversaire de la naissance de Sa Majesté Napoléon le Grand, cette pierre est la première qui ait été posée dans la fondation de ce monument".

construit sur plusieurs décennies

Néanmoins, Napoléon ne verra jamais la fin des travaux. Dès 1811, le chantier est lourdement retardé, d’une part par le décès de l’architecte Chalgrin, puis par les revers militaires, avant d'être totalement arrêté en 1814 à la chute de l'Empire.

La Restauration de la monarchie, avec le retour sur le trône de Louis XVIII, va pour un temps délaisser ce projet à la symbolique impériale. Mais le 9 octobre 1823, le projet est finalement relancé pour célébrer les victoires royalistes en Espagne, avec l’ajout notamment de colonnes en façade. À la mort de Louis XVIII, Charles X poursuit les travaux lentement suite à des conflits entre architectes.

À partir de 1830, la situation change avec la Révolution des “Trois Glorieuses” qui amène le roi Louis-Philippe Ier au pouvoir. Ce dernier décide de terminer le monument dans un esprit de réconciliation nationale, en le dédiant à la gloire de toutes les armées françaises depuis 1792. L'édifice est enfin inauguré le 29 juillet 1836. Cette longue épopée se clôture symboliquement le 15 décembre 1840, lorsque le cortège funèbre ramenant les cendres de Napoléon passe sous l'arche achevée, qui rend par la même au monument sa signification impériale d'origine.

© Collection Roger-Viollet / Roger-Viollet via AFP - Retour des cendres de l'empereur Napoléon Ier à Paris, 15 décembre 1840.

Un sanctuaire mémoriel et républicain

À la suite de son inauguration, l’Arc de triomphe bascule progressivement dans l'ère républicaine jusqu’en mai 1885, lors de la veillée funèbre monumentale (entre deux et trois millions de personnes) de Victor Hugo sous la voûte, qui consacre définitivement l'édifice.

En revanche, c'est au lendemain de la Première Guerre mondiale que le monument acquiert sa dimension sacrée universelle. Le 11 novembre 1920, la France choisit d'y installer la tombe du Soldat inconnu, sépulture définitivement scellée en janvier 1921 pour honorer la mémoire des millions de soldats disparus. Deux ans plus tard, le 11 novembre 1923, la flamme du Souvenir y est allumée pour la première fois, sacralisant l’ensemble des soldats morts pour la patrie.

Au XXIe siècle, l'Arc de triomphe devient un repère de mémoire et le témoin des grands rassemblements populaires, tout en s'imposant jusqu’à ce jour comme le point de départ incontournable du traditionnel défilé militaire des célébrations du 14 juillet.