Laïcité : le Grand Orient de France met en garde le gouvernement contre toute "atteinte" à la loi de 1905

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Jean Philippe Hubsch, Grand Maître du GODF, dans son bureau. © JOEL SAGET / AFP
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Dans un entretien accordé au journal "Le Point", le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a affirmé que cette loi pouvait "évoluer". 

Le Grand Orient de France a mis en garde vendredi contre toute "atteinte" au principe de séparation des Églises et de l'État, alors que le gouvernement entend modifier la loi de 1905 pour mieux encadrer le culte musulman.

La modification de la loi, "pas un tabou" pour Castaner. Dans un entretien publié sur le site du Point jeudi, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner affirme que cette loi pouvait "évoluer", l'objectif étant de "construire (...) un islam qui soit délié des ingérences étrangères et qui soit moteur pour faire reculer les idées radicales, en particulier chez les jeunes". "S'il faut renforcer la loi de 1905 pour la conforter dans ces principes, je vous le dis : ce n'est pas un tabou", a-t-il ajouté.

Il a toutefois assuré qu'aucun projet de loi n'était "programmé à ce stade", contrairement à des informations de presse de L'Opinion début novembre, selon lequel un avant-projet de loi a été rédigé.

"La laïcité est la clé de voûte de l'édifice républicain". Selon cet avant-projet, "il semblerait s'agir notamment de la remise en cause du statut des associations cultuelles, de leur transparence financière, et du renforcement des mesures de "police des cultes". Autant de mesures qui, si elles étaient prises, loin d'être un simple "toilettage" de la loi de 1905, constitueraient une véritable atteinte à son élément essentiel, la séparation", écrit le GODF dans un communiqué.

Pour la principale obédience maçonnique, "la laïcité est la clé de voûte de l'édifice républicain, sa déconstruction est porteuse des plus graves dangers pour notre République. Le Grand Orient de France appelle dans ces conditions à la plus extrême vigilance dans les prochains mois à l'égard de toute disposition qui aboutirait à défaire les principes infranchissables posés par la loi de 1905".