Retoucher la loi de 1905 : "ce n'est pas un tabou", estime Castaner

, modifié à
  • A
  • A
"L'Etat peut aider et accompagner" les responsables musulmans, selon le ministre de l'Intérieur. © LIONEL BONAVENTURE / AFP
Partagez sur :

Dans un entretien publié par "Le Point" jeudi, le ministre de l'Intérieur assure qu'aucune modification de cette loi ne figure à l'agenda de l'Assemblée. 

Une modification de la loi de 1905 "n'est pas un tabou" mais un projet de loi "n'est pas programmé à ce stade", affirme le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner dans un entretien publié sur le site du Point jeudi.

"Déjà modifiée 17 fois". "C'est un texte particulier, avec des grands principes fondateurs de notre République, la laïcité, la liberté de conscience, auxquels il n'est pas question de toucher", juge-t-il, dans cet entretien croisé avec son secrétaire d'Etat Laurent Nunez. "Mais cette loi a 113 ans aujourd'hui et peut évoluer. Je rappelle qu'elle a d'ailleurs été modifiée 17 fois", poursuit Christophe Castaner dont l' "objectif, c'est que les Français de confession musulmane puissent vivre paisiblement leur foi".

"Construire l'islam". "Mais il faut aussi, avec les Français musulmans, avec la société, avec l'Etat, mener ce combat essentiel pour construire un islam qui ait toute sa place en France, un islam qui soit délié des ingérences étrangères et qui soit moteur pour faire reculer les idées radicales, en particulier chez les jeunes", nuance Christophe Castaner. "S'il faut renforcer la loi de 1905 pour la conforter dans ces principes, je vous le dis : ce n'est pas un tabou", ajoute-t-il.

Pas de modification programmée. Interrogé sur l'arrivée d'un projet de modification de cette loi à l'assemblée, le ministre répond cependant que "ce n'est pas programmé à ce stade".  Lancées par son prédécesseur Gérard Collomb, les assises territoriales de l'islam de France se poursuivent, a-t-il précisé. 

"Si la question de l'organisation de l'islam en France relève évidemment des responsables musulmans, l'Etat peut néanmoins les aider et les accompagner", selon le ministre de l'Intérieur. "Il n'est pas question de décider de leur organisation à leur place", ajoute-t-il.

Bientôt des rencontres avec les responsables des cultes. Le ministre va également rencontrer les représentants de l'ensemble des cultes, "ainsi que les représentants de la libre pensée et des sensibilités laïques", "dans les semaines à venir", "car c'est une discussion qui les concerne également", précise-t-il. L'Opinion a publié la semaine dernière ce qu'il affirme être un avant-projet de loi. Le principal objectif, selon le quotidien, serait de faire passer les structures musulmanes qui sont, pour la plupart constituées en associations loi 1901, en associations loi 1905.