Après un été dévastateur sur le front des incendies, les sapeurs-pompiers ont entamé trois jours de mobilisation à Paris. Installés au pied de la tour Eiffel dimanche, ils ont exigé plus de moyens matériels et humains.
Des tentes installées sur la pelouse et un badge "en grève" scratché sur l'uniforme : dès ce dimanche matin, les sapeurs-pompiers ont investi le Champ-de-Mars à Paris, première étape d’une action étalée sur trois jours dans plusieurs villes du pays. Objectif : afficher leur détermination avant un grand rassemblement prévu mardi place de la République, toujours à Paris.
Parmi leurs revendications prioritaires figure la modernisation du matériel, indispensable pour préserver la santé des troupes sur le terrain. "Cet été, on a tous porté des cagoules qui ne sont ni plus ni moins qu'un bout de tissu, donc qui ne filtrent absolument rien. On était le nez dans la fumée et on dormait même à ces endroits-là, donc c'est là toute l'aberration de la chose", déplore Alexandre, porte-parole du syndicat Sud SDIS.
20.000 recrutements réclamés pour éviter la rupture
Au-delà des équipements, la surcharge de travail inquiète. Face à des missions toujours plus variées et nombreuses, les casernes tournent désormais à flux tendu. Pour Eddie, sapeur-pompier dans le Val-d'Oise, la sécurité civile nécessite un investissement massif de l'État.
"On demande le recrutement de 20.000 sapeurs-pompiers professionnels supplémentaires, ce qui fait à peu près un coût de 1 milliard d'euros pour l'État, donc c'est un gros coût. Mais la sécurité civile en France n'a pas de prix, et elle est en train de se dégrader", affirme-t-il.
Le dialogue avec l'exécutif semble au point mort
Cette mobilisation s'inscrit dans un ras-le-bol plus ancien. Alors que les alertes se multiplient depuis 2022 sans réponse jugée à la hauteur par la profession, le dialogue avec l'exécutif semble au point mort.
"Aujourd'hui, on est déterminés plus que jamais. Le gouvernement nous balade depuis deux décennies. On a été reçus le 13 août, il n'en est rien ressorti, hormis un blabla politique. Il faut que les parlementaires et le gouvernement prennent leur courage politique et mettent sur la table des actes et plus simplement des paroles", exige David Saquet, président de l'UNSA Pompiers.
Le bras de fer ne fait que commencer : le préavis de grève déposé par les syndicats court jusqu'au 20 octobre. Et les agents préviennent qu'ils ne lèveront pas la pression sans annonces concrètes.