La douloureuse expérience de la guerre au Liban du chef Thierry Marx

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Thierry Marx s’était engagé dans l’armée à 18 ans, avant d’embrasser avec succès une carrière de chef cuisinier. Il a raconté cette douloureuse expérience, notamment lors de la guerre au Liban, au micro de Michel Denisot sur Europe 1. 
INTERVIEW

C’est une facette méconnue de la vie de Thierry Marx. Avant de devenir un chef cuisinier renommé et célèbre, l’ancien juré de l’émission Top Chef s’est engagé dans l’armée à l’âge de 18 ans. Il a notamment connu la guerre au Liban, une expérience douloureuse sur laquelle il est revenu au micro de Michel Denisot, samedi sur Europe 1. 

Casque bleu pendant la guerre au Liban 

Thierry Marx, qui se retrouve en échec scolaire, entre chez les Compagnons du devoir à la fin des années 1970 pour y passer un CAP de pâtissier. Mais il décide de s’engager dans l’armée à l’âge de 18 ans. "Ma famille avait connu toute l’aventure militaire, que ce soit mon grand-père qui est devenu français avec la guerre de 1914, et mon oncle et mon père ont connu l’Indochine et l’Algérie. J’avais l’impression qu’ils ne parlaient jamais de la guerre mais de l’aventure, des pays lointains", raconte-t-il. "Je pense qu’à un moment donné j’ai craqué. Je n’ai pas tourné la tête et je me suis engagé", confie-t-il. 

En 1980, Thierry Marx se retrouve alors casque bleu au Liban, en proie à une guerre civile meurtrière entre 1975 et 1990. Il s’engage même un temps aux côtés des phalangistes libanais, dans le camp des chrétiens. De cette expérience, il reviendra profondément marqué, comme il l’a avoué au magazine Nouvelles clés. "J'ai connu la guerre au Liban. Mais voilà, comme comme tant d'autres. Le retour a été dur", dit-il sobrement à Michel Denisot. 

"Il a fallu reconstruire" 

Revenu en France, Thierry Marx doit tout recommencer à zéro. "Le retour a été dur parce que j'avais coupé avec le monde des Compagnons du devoir et avec le monde de la cuisine, de la pâtisserie. J'étais arrivé dans un monde totalement différent et il a fallu reconstruire, la scolarité m'a beaucoup aidé", se souvient-il. "Je me rappellerai toujours de l'arrivée à la gare d'Austerlitz à 5 heures du matin, au premier train. Je suis rentré dans un bistrot qui s'appelait "L'arrivée" et j'ai pris trois croissants et un café, j'avais l'impression de ne pas avoir goûté ça depuis des années", poursuit-il.

Mais alors, que faire après cette expérience militaire ? "Il me restait peu d'argent dans ma poche et il y avait encore des cabines à pièces à l'époque, j'ai essayé d'appeler qui je connaissais. J'ai appelé un copain avec qui j'avais servi et qui m'a filé un coup de main, une piaule, parce que j'étais un peu à la ramasse", avoue-t-il. Thierry Marx se remettra finalement à la cuisine, avec le grand succès qu’on lui connaît.