La CFTC n'appelle pas à la grève le 5 décembre : "le temps est encore au dialogue"

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Par ailleurs, la CFTC "réaffirmera son exigence d'un maintien de l'âge légal de départ à 62 ans", lors d'une réunion à Matignon, le 25 novembre prochain. © GERARD JULIEN / AFP
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Dans un communiqué, la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) annonce qu'elle ne va pas appeler à la grève le 5 décembre prochain, contrairement à de nombreux autres syndicats. Pour elle, "les intentions finales du gouvernement sont encore trop incertaines".  

La Confédération française des travailleurs chrétiens [CFTC, ndlr] a annoncé mardi ne pas appeler à la grève interprofessionnelle du 5 décembre contre la réforme des retraites, considérant que le "temps est encore au dialogue" et jugeant les intentions finales du gouvernement "encore trop incertaines".

"Parce qu'elle considère que le temps est encore au dialogue, parce que les intentions finales du gouvernement lui apparaissent encore trop incertaines, la CFTC n'appelle pas à la grève le 5 décembre", écrit-elle dans un communiqué. La confédération laisse toutefois "le choix" aux syndicats qui la composent "de manifester ou non le 5 décembre prochain". Elle sera reçue en bilatérale à Matignon le 25 novembre, l'occasion de demander des "garanties", notamment sur "le respect du principe de répartition, le maintien des pensions actuellement versées, des droits acquis avant l'instauration du futur régime, la prise en compte au titre de la solidarité des situations familiales, des travaux pénibles et plus généralement des aléas de la vie".

L'exigence du maintien de l'âge légal de départ à 62 ans

La CFTC "réaffirmera son exigence d'un maintien de l'âge légal de départ à 62 ans". Concernant la méthode, elle demandera au Premier ministre, qui va aussi recevoir la semaine prochaine les autres syndicats et organisations patronales, des clarifications sur le statut et le devenir du rapport Delevoye : "quelle articulation avec d'autres travaux ? Avec la consultation citoyenne ? Quid de la temporalité de cette réforme ?"
De leur côté, la CGT, FO, la FSU et Solidaires ont appelé ensemble en octobre à une "première journée de grève" le 5 décembre, rejoignant plusieurs syndicats de la RATP, de la SNCF. Les appels se sont étoffés depuis, avec des syndicats d'Air France, d'avocats, mais aussi de "gilets jaunes".

La CFE-CGC, opposée au projet de réforme des retraites, n'appelle pas à la grève interprofessionnelle, mais "soutient celles de ses fédérations qui s'y associeront". La CFDT, favorable au principe d'un système universel par points, a toutefois mis en garde l'exécutif ces derniers mois contre une réforme "financière" et attend des éclaircissements sur la pénibilité, les carrières des femmes et les régimes particuliers. Elle ne s'est pas encore exprimée à propos du 5 décembre.

Les syndicats de police menacent de se joindre au mouvement social

De leurs côtés, plusieurs syndicats de police dont Alliance et Unsa menacent de se joindre au mouvement social du 5 décembre avec des actions dans les commissariats si le ministère de l'Intérieur "ne répond pas à (leurs) attentes", selon un communiqué de presse.

Le 2 octobre, à l'appel d'une intersyndicale inédite depuis près de 20 ans, les policiers avaient défilé dans une "marche de la colère" pour exprimer "leurs mécontentement sur les conditions de travail, le manque de reconnaissance, la perte de statut et la remise en cause de leur retraite", rappelle le communiqué de presse intitulé "dernière sommation !". Cinq points étaient au coeur des revendications des policiers en octobre: "l'amélioration de la qualité de vie au travail", "une véritable politique sociale pour les agents", "une réponse pénale réelle, efficace et dissuasive", "la défense des retraites" et une future loi d'orientation et de programmation "ambitieuse".