La CFDT attaque l'État pour la pollution des métros : "C'est encore pire" que l'amiante

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MIGUEL MEDINA / AFP
Les salariés des métros sont particulièrement exposés à la pollution. (Photo d'illustration) © MIGUEL MEDINA / AFP
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La CFDT a décidé de déposer un recours devant le Conseil d'État au sujet de la pollution dans le métro, mais aussi dans les tunnels et les gares. L'un de ses représentants est venu expliquer le sens de cette démarche sur notre antenne, lundi soir.
INTERVIEW

C'est une démarche inédite. Lundi, par la voix de son secrétaire général Laurent Berger sur RFI, la CFDT a annoncé qu'elle allait déposer un recours devant le Conseil d'État pour obliger l'État à abaisser les seuils d'exposition à la pollution des salariés des gares, métros et autres tunnels. Au micro Europe 1 de Matthieu Belliard, Patrick Rossi, secrétaire fédéral de la Fédération générale des Transports Environnement (FGTE–CFDT), a précisé les contours de cette action.

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La demande formulée par la centrale syndicale est simple : "Qu'on fasse en sorte que ces salariés ne soient plus exposés à un taux de pollution excessivement élevé", explique Patrick Rossi, qui est par ailleurs conducteur de métro à Marseille. Mais dans cette optique, équiper les salariés de protections supplémentaires "ne servirait pas à grand-chose", indique-t-il.

"Aucune réponse" du gouvernement

"Nous demandons que la la valeur limite d'exposition professionnelle soit abaissée à un niveau correct", poursuit le syndicaliste. "Aujourd'hui, un salarié peut être exposé à 5.000 µg de particules fines pm 10 pendant 8 heures. Pour un simple citoyen, la limite est de 50 µg. On estime qu'il n'est pas normal qu'il y ait un delta de 100."

Pour Patrick Rossi, la situation actuelle est donc "encore pire" que le scandale de l'amiante : "L'étude publiée de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) montre qu'il y a des conséquences sur la santé des salariés à long terme, dans le même phénomène que l'amiante (comme) des cancers ou des problèmes respiratoires. On connaît les conséquences de la pollution. L'État nous dit qu'il y a 46.000 personnes qui décèdent car la pollution est élevée, et on ne fait rien pour les salariés." Le responsable syndical déplore enfin le silence de l'exécutif sur cette situation : "On n'a aucune réponse des ministères, (…) ce qui n'était pas le cas sous les précédents gouvernements."

Europe 1
Par Thibaud Le Meneec