Les forces de l'ordre partagent leurs inquiétudes vis-à-vis des activistes d'ultragauche, après la mise en examen de huit jeunes proches de cette mouvance, soupçonnés d'avoir préparé des actions violentes en marge du projet de ligne Lyon-Turin. Ces activistes, souvent jeunes, sont difficiles à identifier pour les services de renseignement.
Ils sont sources d'inquiétudes pour les forces de l'ordre. Alors que huit jeunes proches de l'ultragauche, soupçonnés d'avoir préparé des actions violentes en marge du projet de ligne Lyon-Turin, ont été mis en examen, les enquêteurs mettent en garde contre cette mouvance. Les services de renseignement dénombrent environ 3.500 membres d'ultragauche fichés S.
Beaucoup sont en dehors des radars policiers
Mais en réalité, les membres affiliés à cette mouvance sont bien plus nombreux. C'est ce qu'explique Olivier Vial, chercheur spécialiste de l'extrême gauche. Beaucoup se trouvent en dehors des radars policiers. "On a une galaxie", souligne-t-il.
"Parmi les huit personnes interpellées, beaucoup n'étaient certainement pas fichées. On a souvent des primoactivistes dans ces actions-là", détaille le directeur du Centre d'études et de recherches universitaires (Ceru).
Des activistes très discrets
En ce qui concerne les profils, on retrouve beaucoup de jeunes, des étudiants, mais aussi des personnes plus expérimentées, issues de différentes mouvances, proches par exemple de l'écologie radicale ou encore du mouvement propalestinien. Les services de renseignement ont ainsi du mal à identifier toute cette nébuleuse, dont les activistes sont parfois très discrets.
"Ce sont des gens beaucoup plus difficiles (à identifier) parce qu'ils ont souvent une vie en marge de la société", affirme Olivier Vial. "Certains n'utilisent pas de téléphone portable ou de cartes bleues depuis des années. Ils vivent dans des communautés autonomes, et ils n'utilisent pas les réseaux sociaux pour revendiquer leurs actions", poursuit le chercheur.
Une galaxie opaque, dont les membres sont parfois très déterminés. Cela inquiète les forces de l'ordre, à la veille d'événements très importants, comme la venue du pape en France fin septembre.