"Je voulais que ça s'arrête, je me mutilais" : Rosalie, 13 ans, témoigne du harcèlement qu'elle a subi à l'école

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À l'occasion de la journée de lutte contre le harcèlement scolaire, Europe 1 a reçu dans son "Grand Journal du Soir" Rosalie, jeune fille de 13 ans et demi, victime de harcèlement scolaire, et sa mère Angélique. Toutes deux racontent cette épreuve, qui a mené la jeune fille à la déscolarisation.
TÉMOIGNAGE EUROPE 1

C'étaient "des insultes, des moqueries". "On me tirait les cheveux, on me mettait à l'écart de tout le monde." Devant l'école, à la sortie et à la rentrée, dans la cour de récréation, et même dans la classe devant les professeurs, Rosalie, 13 ans et demi, scolarisée dans une école parisienne privée, a subi le harcèlement d'un poignée d'autres élèves de son collège. Tout au long de sa classe de 6ème, puis en début de rentrée de 5ème, la jeune fille n'a pas eu de répit. Jusqu'à être déscolarisée pour suivre des cours par correspondance. Ce jeudi, à l'occasion de la journée de lutte contre le harcèlement scolaire, elle raconte sur Europe 1 les épreuves qu'elle a traversées.

"Ils me faisaient tellement de mal"

"Je n'arrivais plus à m'endormir le soir, je ne mangeais plus. J'avais la boule au ventre avant d'aller en classe", se souvient la jeune fille. Sa mère, Angélique, note alors son "anxiété", avec "des troubles du sommeil, de l'irritabilité, de l'agressivité, des troubles alimentaires". "Elle était beaucoup plus morose, se repliait dans sa chambre." Quelques mois après la rentrée de 5ème, Rosalie va de plus en plus mal. "Je voulais que ça s'arrête, je me mutilais. Ils me faisaient tellement de mal que finalement, pourquoi pas moi ?"

C'est Rosalie elle-même qui alerte ses parents, qui ne voient pas ses blessures. "Elle a eu la présence d'esprit de nous réclamer une hospitalisation", explique Angélique. "Elle nous a expliqué qu'elle voulait mourir. Pour elle, c'était la seule issue qu'elle avait pu trouver pour que cette situation de souffrance quotidienne s'arrête." L'adolescente est prise en charge médicalement et ses parents se tournent alors vers l'établissement.

Les professeurs n'ont "rien fait"

Ils vont se heurter à un mur. "Nous avons obtenus trois rendez-vous. Le chef d'établissement n'a pas souhaité prendre en compte [ce que nous avions à dire] et nous épauler", regrette Angélique. Rosalie, de son côté, assurent que des professeurs étaient au courant et n'ont rien fait. "Certains s'en rendaient compte parce que j'étais insultée devant les profs, mais ils ne m'en ont jamais parlé, ne sont jamais venus vers moi."

À court de solutions, les parents de Rosalie et la collégienne décident d'une déscolarisation pour des cours par correspondance. Aujourd'hui, cela va mieux, même si l'adolescente "reste enfermée" souvent chez elle. "Je commence petit à petit à sortir mais toujours avec quelqu'un. J'avais peur de croiser [les harceleurs] dans la rue."

Angélique a "déposé plainte contre les auteurs des faits, qui sont tous des mineurs de moins de 15 ans, et contre l'établissement". Jusqu'ici, elle n'a reçu aucune nouvelle du procureur de la République, ni d'une quelconque sanction qui aurait été décidée par la direction du collège. Sa fille veut "avancer". "Cela reste en moi mais j'essaye de ne plus y penser et de me dire que c'était avant. Il faut aller dans le futur, il ne faut pas que je reste là-dessus."

Europe 1
Par Margaux Baralon