"J'avais hâte de reprendre le boulot" : ces pères contre l'allongement du congé paternité

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Trois pères sur dix ne prennent pas leur congé paternité (photo d'illustration). 2:00
Trois pères sur dix ne prennent pas leur congé paternité (photo d'illustration). © FRED DUFOUR / AFP
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En France, trois pères sur dix ne prennent pas leur congé paternité. Une décision qui s'explique parfois par des motifs professionnels… ou, parfois, par la peur d'une période trop fatigante. Europe 1 a recueilli le témoignage de Renaud, qui confie qu'il avait "hâte de reprendre le boulot". 
TÉMOIGNAGE

La nouvelle a fait grand bruit cette semaine : le gouvernement entend rallonger le congé paternité de 14 à 28 jours à partir du 1er juillet 2021. Si cette extension fait des heureux, elle ne devrait rien changer pour une partie des pères : si 70% d'entre eux prennent ce congé, trois sur dix choisissent en effet de ne pas bénéficier de ces deux semaines pour s'occuper de leur nourrisson. 

Seuls 50% des pères en CDD prennent leur congé

Premier élément invoqué par ces pères : la situation professionnelle. Plus elle est précaire, moins les congés sont pris. Seulement la moitié des pères en CDD choisissent de bénéficier de ces 14 jours, les autres craignant de déplaire à leur employeur s'ils disparaissent pendant 15 jours - et, in fine, de ne pas être reconduits. À l'inverse, 80% des pères en CDI prennent leur congé paternité, un pourcentage qui atteint 88% chez les fonctionnaires.

À noter que la proportion de pères choisissant de bénéficier de ce congé est plus importante pour le premier enfant et décroît pour les suivants. 

Un congé inutile pour 13% des pères

"Moi, je suis papa depuis le 12 août d'un petit garçon, un petit Côme", témoigne Renaud au micro d'Europe 1. "Je sors de mon congé paternité, j'ai repris le boulot de la semaine dernière", raconte-t-il, évoquant "des nuits assez compliquées, surtout avec le deuxième." Résultat : le jeune homme affirme qu'il avait "hâte de reprendre le boulot". "Je reviens sur Paris, je vais à l'hôtel et j'ai des nuits qui sont devenues convenables sur la moitié de la semaine." Et de conclure : "Il y a peut-être d'autres exemples de choses à faire dans notre pays que de rajouter 15 jours de congé paternité."

Si lui a tout de même pris son congé, d'autres (13%) y renoncent non pas en raison de contraintes professionnelles, mais bien parce qu'ils le jugent inutile. 

Europe 1
Par Eve Roger et Nicolas Feldmann