La flambée des prix de l'essence a déjà des conséquences pour les particuliers, et surtout pour les professionnels qui parcourent de longues distances chaque jour. C'est le cas des transporteurs, des commerciaux, mais aussi des soignants à domicile, qui cherchent des parades.
La hausse du prix de l'essence a déjà de grandes conséquences pour beaucoup de professionnels. C'est le cas des infirmiers à domicile, qui n'ont pas connu de revalorisation de leurs indemnités de déplacements depuis bien longtemps, et qui prennent cette hausse de plein fouet. Le risque est d'être obligé de refuser des patients pour ne pas travailler à perte, alors ces soignants s'organisent.
200km à parcourir chaque jour
À Marseille, pour ne pas travailler à perte, les soignants comme Jean-Sébastien Nizou, représentant du syndicat convergence infirmière, cherchent la parade. "On s'adapte. J'ai pris ma trottinette électrique parce que c'était plus simple et que ça commence à devenir cher. Il y en a qui sont passés à la voiture électrique. Ça coûte de l'argent, 16 euros le plein en fonction des bornes ou de si on charge à domicile. Sauf que nous, le frais de déplacement, ça ne bouge pas, ils sont toujours à 2,75 euros. Donc forcement, ça fait baisser le chiffre d'affaires", explique l'infirmier libéral.
Ce qui est possible pour lui dans le centre ville marseillais, ne l'est pas forcément dans d'autres quartiers périphériques ou dans la ruralité. "On a des infirmiers qui sont notamment dans des zones reculées et qui font jusqu'à 200 km par jour. On a le cas, par exemple, des manades qui sont aux alentours des Saintes-Maries-de-la-Mer. Il y a des infirmiers qui font pratiquement 50 kilomètres pour aller voir un patient", explique Christophe Barcelo, président départemental de la fédération nationale des infirmiers.
Et des conséquences possible pour la continuité de soin : "C'est clair que s'ils ont plusieurs patients, ils vont y aller. Mais s'ils ont un patient isolé et qui, lui, est à 50 kilomètres, c'est trop cher d'y aller. Il va y avoir une problématique là-dessus avec des risques d'abandon de soins", craint Christophe Barcelo.
Car ces soignants se voient refuser toute aide, comme la détaxation du carburant par l'État.