Invité d'Europe 1 pour présenter "Pèlerinage français, comprendre les failles de notre identité", Gilles Kepel est revenu sur l'origine très personnelle de cet ouvrage. L'universitaire explique que son départ de l'enseignement supérieur il y a deux ans l'a conduit à entreprendre un pèlerinage vers Saint-Gilles afin de se reconstruire.
Pour Gilles Kepel, ce livre est d'abord celui d'un marcheur. Face à ce qu'il présente comme une mise à l'écart de l'université, l'auteur spécialiste de l'islam raconte avoir ressenti une profonde rupture dans son parcours. "Le livre d'un marcheur, d'abord et surtout", affirme-t-il au micro de Dimitri Pavlenko sur Europe 1, avant de revenir sur les circonstances de son départ. "J'ai été viré de l'université, pour des raisons non explicitées", déclare-t-il.
"Il ne restait plus que Gilles"
Puis il ajoute : "Clairement, c'est parce que je n'étais pas woke, donc j'ai été cancellé d'une certaine manière." L'universitaire estime que le titre de professeur qu'il avait construit "pendant 40 ans de labeur acharné" a alors été effacé.
Après cet épisode, Gilles Kepel explique avoir cherché à se recentrer sur lui-même. "Il ne restait plus que Gilles", raconte-t-il. C'est dans cet état d'esprit qu'il décide d'entreprendre un pèlerinage vers Saint-Gilles, dont la fête tombe le 1er septembre, une date qui coïncide, selon lui, avec sa radiation des cadres de l'enseignement supérieur.