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Incendie à l'université de Rouen : un suspect étudiant en garde à vue

Incendie à l'université de Rouen : un suspect étudiant en garde à vue [Manuel SANSON / AFP]

Un bâtiment de l'université de Rouen a été incendié après les manifestations du 17 octobre. Le procureur de la République a annoncé qu'un étudiant d'une vingtaine d'années a été interpellé ce mardi matin. Il est soupçonné d'avoir "participé à la mise à feu". 

Un étudiant âgé d'une vingtaine d'années, suspecté d'avoir "participé à la mise à feu" d'un bâtiment de l'université de Rouen le 17 octobre, a été interpellé mardi matin et placé en garde à vue, a annoncé le procureur de la République de Rouen, Sébastien Gallois.

Il a le profil d'un étudiant "a priori banal" et "n'a pas agi seul, donc les enquêteurs vont devoir identifier avec qui il a pu monter ce projet" d'incendie de l'Espace Michel Serres, a ajouté Sébastien Gallois devant des journalistes sur le campus de la faculté des lettres de Rouen à Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime). Le magistrat y accompagnait le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, en visite sur le campus.

"Tout ça est complètement absurde"

C'est notamment l'exploitation des images de vidéosurveillance qui a permis d'identifier rapidement le suspect. Il vit sur le campus de Mont-Saint-Aignan, "presque en face du bâtiment qui a été brûlé", selon le procureur de Rouen. D'après les premières constatations, le feu est parti d'un tas de détritus ou d'une poubelle devant l'entrée de l'établissement. L'incendie s'est déclaré le 17 octobre vers 02H30 et a endommagé deux étages du bâtiment ainsi qu'une partie de la toiture, sans faire de blessé.

Selon l'université, l'Espace Michel Serres n'était pas concerné par les blocages lors du mouvement des lycéens et des étudiants. Le bâtiment, qui avait été réhabilité en 2020 pour un montant d'1,1 million d'euros, abrite des "services à l'étudiant" et deux amphithéâtres. Il accueille principalement des personnels de l'université.

Le montant exact des dégâts provoqués par l'incendie n'a pas encore été estimé. Le bâtiment était "au cœur de la vie sociale" pour les étudiants sur le campus et il faudra "beaucoup de temps avant de le rouvrir complètement", a déploré Philippe Baptiste lors d'un point de presse. "Tout ça est complètement absurde. Détruire du matériel qui est à la disposition des étudiants, ça n'a vraiment aucun sens", a ajouté le ministre.

"Il y a aujourd'hui un mouvement social, dans les universités, dans les lycées, avec des revendications qui sont portées parfois avec véhémence (...) Certaines sont légitimes et je pense qu'il faut qu'on soit capable de discuter. Mais rien ne justifie la violence, et ce niveau de violence qu'on voit aujourd'hui est simplement terrifiant", a-t-il estimé.