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Louise Sallé / Crédits photo : Myriam Tirler / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Six jours après l'attaque du Hamas contre Israël, l'opposition des opinions prend déjà de l'ampleur en France, jusque dans nos cours d'école où des élèves juifs sont pris à partie. Mais dans les classes, le sujet semble peu ou pas évoqué par les professeurs.

En visite dans une école juive en banlieue parisienne mercredi, le ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal a prévenu que le gouvernement "ne laissera rien passer", à propos d'agressions ou paroles antisémites au sein des établissements scolaires. Le ministre de l'Éducation a évoqué "plusieurs situations totalement insupportables et inacceptables", qui sont "remontées depuis lundi" comme celle d'une croix gammée dessinée sur un tableau dans une classe ciblant directement un élève. Dans ce contexte tendu, comment les professeurs évoquent-ils avec leurs élèves l'attaque du Hamas ?

Un sujet "tabou"

La plupart des lycéens rencontrés par Europe 1 en banlieue parisienne raconte ne pas en avoir parlé en classe. Pourquoi ? Leur professeur aurait peur que la discussion dégénère, selon eux. "On voit des vidéos violentes, choquantes, c'est difficile d'en parler. Même entre nous, on n'en parle pas, ça devient tabou", témoigne Thaïs, en classe de première. 

Sauf que les tensions montent. Dans ce lycée, un élève de confession juive est visé par des insultes de la part de camarades sur les réseaux. "Dans la classe, certains sont d'origine arabe. Et il y en a un qui est juif et qui a de la famille en Israël, il l'a fait savoir. Ceux d'origine maghrébine ont posté une story contenant des insultes et d'autres mots répréhensibles et en classe, ils ont fait un mot en mettant 'Vive la Palestine'", confie Thomas, 15 ans, camarade de classe.

Raphaël, élève en terminale spécialité histoire-géo, a abordé le conflit avec son enseignant dans un cours qui a mal tourné. "On a eu un petit débat et ça a commencé à hausser le ton. Une bagarre s'est créée entre les juifs et les musulmans... Ce conflit est même en France", lance-t-il. Mercredi, le ministre de l'Éducation a annoncé vouloir systématiquement saisir le procureur en cas d’agression d'un élève de confession juive.