Indignation autour de la présence de Maurras dans les commémorations officielles 2018

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Maurras sur le banc des accusés assiste à son procès, le 25 janvier 1945 au Palais de justice de Lyon.
Maurras sur le banc des accusés assiste à son procès, le 25 janvier 1945 au Palais de justice de Lyon. © AFP
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L'écrivain d'extrême-droite et fondateur de l'Action française figure dans le registre officiel des commémorations prévues pour 2018. 

Plusieurs acteurs de l'antiracisme se sont indignés de la présence de l'écrivain d'extrême droite Charles Maurras dans le registre officiel des commémorations prévues pour 2018, appelant la ministre de la Culture Françoise Nyssen à le retirer de la liste.

"Commémorer c'est rendre hommage. Maurras, auteur antisémite d'extrême droite, n'a pas sa place dans les commémorations nationales 2018", affirmé samedi sur Twitter le "Monsieur antiracisme" du gouvernement, Frédéric Potier, préfet à la tête de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah).

Un écrivain antisémite né en 1868. Le "Recueil des Commémorations nationales 2018", élaboré par le Haut Comité des commémorations nationales sous la houlette du ministère de la Culture, propose en effet de commémorer cette année la naissance, en 1868, de l'écrivain antisémite Charles Maurras. De même que le compositeur François Couperin ou Mai-68, l'écrivain condamné après la guerre pour son soutien résolu au régime de Vichy fait partie de la "centaine d'anniversaires susceptibles d'être célébrés au nom de la Nation". "Charles Maurras est frappé d'indignité nationale. Il a été condamné à la perpétuité pour haute trahison et intelligence avec l'ennemi", a affirmé la Ligue internationale de lutte contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), également sur Twitter, demandant "son retrait immédiat du recueil des commémorations nationales".

Pour sa part, le député La France insoumise Alexis Corbière s'est dit "stupéfait" de découvrir le nom de Charles Maurras dans ce recueil officiel. "Pas d'accord! La République ne doit valoriser ni antirépublicains, ni antisémites. Comprendre, étudier oui. Commémorer non !", s'est-il indigné dans un tweet.

La réédition des pamphlets de Céline avait suscité une levée de boucliers début janvier. Dans le registre officiel, le pilier de l'Action française est présenté comme une "figure emblématique et controversée" qui "mêle à travers son itinéraire les lettres et la politique". "Cet écrivain reconnu tant en France qu'à l'étranger fut aussi le théoricien politique du 'nationalisme intégral' et un polémiste redouté", ajoute le recueil préfacé par la ministre de la Culture. Au début du mois, la perspective d'une éventuelle réédition des pamphlets antisémites de Louis-Ferdinand Céline avait suscité une levée de boucliers et les éditions Gallimard avaient préféré suspendre ce projet controversé.