Incendie à Courchevel : "Les patrons négligent le logement des saisonniers, ne s'en occupent pas"

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Deux personnes sont mortes ce week-end dans l'incendie du chalet où ils logeaient en Savoie. Ce drame interroge sur les conditions dans lesquelles sont logés chaque année les milliers de saisonniers qui viennent travailler dans les stations de ski. 
REPORTAGE

Dans la nuit de samedi à dimanche, deux saisonniers sont morts dans l'incendie du chalet où ils logeaient à Courchevel, un chalet qui appartenait à leur employeur. Depuis le mois de décembre, ils sont 5.000 saisonniers à vivre et à travailler dans la station de la Tarentaise. Ces travailleurs sont logés de manière très diverse. "La commune loge de nombreux saisonniers, tandis que les opérateurs, à titre privé, logent leurs collaborateurs", explique Philippe Mugnier, le maire de Courchevel. "Les saisonniers victimes de l'incendie étaient logés au cœur de Courchevel. On n'avait pas écho que c'était un immeuble en mauvais état."

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"Nous ne savons pas si le bâtiment était aux normes". L'édifice qui a brûlé a été bâti dans les années 1970, "avec des normes et des modèles de construction qui sont différents de ce que l'on peut observer aujourd'hui", a précisé en marge du sinistre Frédéric Loiseau, le sous-préfet d'Albertville. "Nous ne savons pas si le bâtiment était aux normes. Ce que je peux vous dire, c’est qu'hormis les boutiques du rez-de-chaussée, ce n'était pas, administrativement parlant, un bâtiment recevant du public."

L'édifice a été qualifié par certains de ses locataires d'insalubre. Jeanne, qui vivait au premier étage, pointe ainsi, entre autres, l'absence de détecteurs de fumée. "Je ne sais pas s'il y en avait dans les autres chambres. De la mienne, je n'ai pas entendu d'alarme", raconte-t-elle.

"20m² pour quatre personnes".  Ce drame ne surprend pas Franck, saisonnier lui aussi et hébergé dans un bâtiment qui ne serait pas aux normes, selon lui. "Le logement, c'est une pièce de 20m² pour quatre personnes. La chambre n'est pas isolée, c'est du simple vitrage. On a testé l'alarme incendie en allumant une cigarette, elle ne s'est pas déclenchée", rapporte-t-il. "C'est vraiment insalubre. Les patrons négligent le logement des saisonniers, ne s'en occupent pas. On n'est pas logé dans les conditions qu'il faut alors qu'on est là pour eux, on travaille pour eux", s'agace-t-il.

Dans le cas de l'incendie de la nuit de samedi à dimanche, c'est à l'enquête de gendarmerie qu'il reviendra de déterminer les éventuelles responsabilités du propriétaire.

Europe 1
Par Rémy Pierre, édité par Romain David