L'accord d'échange de migrants entre la France et le Royaume-Uni, conclu à l'été 2025, expire aujourd'hui sans être renouvelé. Avec seulement environ 1.500 échanges réalisés sur les 2.600 prévus, le dispositif n'a pas atteint ses objectifs.
L'échange de migrants entre la France et l'Angleterre, conclu à l'été 2025, expire aujourd'hui. Il ne sera pas renouvelé, faute d'avoir atteint ses objectifs.
Le ministère britannique de l'Intérieur a indiqué qu'il n'y avait "plus de nouveaux dossiers traités" dans le cadre de ce programme, qui devait expirer jeudi. Des vols continueront toutefois d'être affrétés "dans les prochaines semaines", a précisé Londres.
La fin du "un pour un"
L'ambition était de 2.600 échanges, sur le principe du "un pour un" : un migrant entré illégalement au Royaume-Uni sur une embarcation était renvoyé en France, et en échange, l'Angleterre s'engageait à accueillir par la voie légale un migrant se trouvant en France.
Ce programme "expérimental" prévoyait le renvoi en France de migrants arrivés irrégulièrement au Royaume-Uni sur des embarcations de fortune, en échange de l'accueil légal par le Royaume-Uni d'autres migrants se trouvant en France. Qualifié de "révolutionnaire" par l'ancien Premier ministre britannique Keir Starmer, l'accord visait, selon Emmanuel Macron, à "exercer un effet très dissuasif sur le modèle des passeurs et sur les traversées".
Au total, 1.500 migrants ont été renvoyés en France dans le cadre de cet accord, et environ 1.500 personnes ayant déposé une demande en France ont été admises légalement au Royaume-Uni en échange, selon les derniers chiffres de Londres. "Cet accord a remporté certains succès et le gouvernement aurait volontiers souhaité le poursuivre, mais il n'a pas atteint la cadence espérée", a reconnu une source gouvernementale britannique.
"Cet accord pilote n'avait pas vocation à être reconduit", selon Laurent Nuñez
Lors de son audition par une commission d'enquête à l'Assemblée nationale le 15 juin, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait déjà indiqué que "cet accord pilote n'avait pas vocation à être reconduit au-delà du 1er octobre 2026". Il avait ajouté que la France n'avait "pas à porter seule ce dispositif", et qu'il vaudrait mieux l'intégrer "dans le cadre d'un accord entre l'Union européenne et le Royaume-Uni".
Sa collègue britannique, la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood, a de son côté reconnu des chiffres "relativement faibles", expliquant que "le plus difficile" avait été "de gérer chaque semaine un très grand nombre d'expulsions".
Un niveau d'arrivées toujours élevé, malgré une baisse de 42 %
Si le nombre d'arrivées a reculé nettement depuis le début de l'année au Royaume-Uni, il reste à un haut niveau, avec 19.196 migrants entrés clandestinement en 2026, soit une baisse de 42% par rapport à la même période l'an dernier. Depuis janvier, 22 personnes sont décédées en tentant de traverser la Manche.