Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez était en déplacement ce jeudi à Nice, dans le quartier des Moulins. Un grand ensemble rongé par le trafic de drogue. Sur place, les habitants dénoncent une visite de plus et appellent surtout à un vrai plan d'action plutôt qu'aux déplacements de ministres dans le quartier.
Nantes, Grenoble... Alors que les règlements de compte sur fond de trafic de drogue se poursuivent en France, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez s'est rendu à Nice, dans le quartier des Moulins, régulièrement théâtre de fusillades. Ce fût le cas notamment le 11 mai dernier, date à laquelle deux pères de famille innocents ont été tués par arme à feu.
Alors aux Moulins, la visite de Laurent Nuñez est commentée avec prudence. Il n'est pas le premier ministre de l'Intérieur à venir dans le quartier, qui a même eu droit au déplacement d'un Premier ministre, Jean Castex, en 2020. "Ils viennent tous, mais ça ne change rien", résume un habitant de 28 ans, qui a toujours vécu dans le grand ensemble.
Des habitants qui demandent de vrais plans d'action
"En l'espace de 4-5 ans, le taux de criminalité n'a cessé d'augmenter, les règlements de comptes n'ont cessé d'augmenter. À un moment donné, il faudrait peut-être avoir des plans d'action, plutôt que de venir et de montrer sa tête", poursuit-il au micro d'Europe 1.
Un peu plus loin, entre les tours, cette vieille dame habite depuis 30 ans dans le quartier des Moulins. Ceux d'avant n'ont rien fait, espérons qu'il fera quelque chose pour nous, plus ou moins. Vous savez, on a peur pour nos enfants, pour nous", confie-t-elle.
"Il nous faut des gardiens de quartier"
Pour cette maman de quatre enfants, il faut davantage de présence policière, mais pas seulement. "Il nous faut des gardiens de quartier, parce qu'on en avait avant et il n'y avait pas ça. Donc, nous, le ministre, on veut bien le voir. Mais le problème, c'est est-ce qu'il va faire quelque chose", s'interroge la riveraine.
Le ministre de l'Intérieur a annoncé l'affectation de 30 policiers supplémentaires pour la ville de Nice. Le maire, Éric Ciotti, en attend trois fois plus.