Huit ans après Xynthia, seuls 10% des propriétaires se sont mis aux nouvelles normes de sécurité

Faute-sur-Mer 1280
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Justin Morin, édité par R.Da.
Depuis 2012 à la Faute-sur-Mer, les logements situés en zone à risque doivent se pourvoir d'une pièce de survie. Mais les normes et le coût des travaux restent un repoussoir pour de nombreux propriétaires.
REPORTAGE

Il y a 8 ans, dans la nuit du 27 au 28 février 2010, la tempête Xynthia tuait 29 personnes à la Faute-sur-Mer, en Vendée. L'eau était montée très vite, et les victimes s'étaient retrouvées piégées en pleine nuit. Depuis, les autorités ont mis en place des mesures de sécurité. Un plan de prévention contre les risques d'inondation a été instauré en 2012, couplé à l'obligation de construire, dans toutes les maisons situées en zone à risque, une pièce de survie à l'étage. Mais huit ans plus tard, seuls 10% des propriétaires ont effectué les travaux de sécurisation.

Des habitations vides en hiver. À la Faute-sur-Mer, les bons élèves se repèrent vite parmi les lotissements du bord de mer, avec un petit agrandissement récent, sur le toit, souvent en bois. Mais ce qui ressort surtout, c'est le nombre de maisons de plain-pied aux volets tirés, aux portes fermés et pas encore aux normes.

Les propriétaires sont généralement peu enclins à débloquer de l'argent. Et pour cause : les résidences secondaires composent 80% des habitations de la commune, comme le souligne Jean-François Etienne, directeur technique municipal. "L'investissement dans une résidence où l'on ne vient qu'au mois d'août, sous le soleil, est toujours un peu compliqué quand on parle d'une événement majeur de type Xynthia, qui arrive en période hivernale, généralement quand les maisons ne sont pas occupées", explique-t-il.

Une mise aux normes complexe et coûteuse. L'Etat propose pourtant une aide, mais avec des conditions à respecter concernant la taille, la forme, et l'esthétique des extensions. Cette réglementation peut faire fuir, reconnait le maire Patrick Jouin : "Les documents manquent de pédagogie pour des familles qui n'ont pas forcément les moyens financiers immédiats pour réagir", concède-t-il.

En moyenne, l'aménagement coûte 20.000 euros. Marie Quédichon, inondée en 2010, n'a pas hésité à sortir le portefeuille. Elle a ainsi fait surélever deux chambres et un cabinet de toilette. "Malgré le fait que l'on serait évacué et prévenu longtemps à l'avance avec les nouveaux systèmes d'alerte, il est important de se dire que l'on pourrait être en sécurité s'il y avait un souci", fait-elle valoir auprès d'Europe 1.

En dépit des nombreux manquements, cette mise aux normes est bien obligatoire. Surtout, elle ne devrait pas manquer d'être inspectée à la loupe par les assurances en cas de nouvelle catastrophe.