Grève SNCF : "Nous sommes dans un long printemps social"

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"Nous sommes entrés dans une longue phase de mobilisation sociale qui se succède et même s’accélère", analyse Stéphane Sirot, spécialiste des mouvements sociaux.

Ehpad, prisons, infirmiers, universités... Depuis le début de l'année, de nombreuses professions se sont mobilisées. "Nous sommes entrés dans une longue phase de mobilisation sociale qui se succède et même s’accélère", analyse Stéphane Sirot, historien à l'université Cergy-Pontoise et spécialiste des mouvements sociaux. Ce dernier y voit une période plutôt dangereuse pour le quinquennat d'Emmanuel Macron avec un "long printemps social". 

Puissance de la CGT. Pour Stéphane Sirot, la cause de ces mécontentements est à chercher dans les politiques libérales mises en place depuis des décennies. "A force d’accumulation, sur des décennies, on a des politiques d’austérité et de restriction budgétaires qui impliquent dans chaque secteur professionnel de faire plus avec moins. Aujourd’hui, on se mobilise moins pour les salaires que pour dire que l’on veut exercer correctement son travail", poursuit-il. 

Interrogé sur la mobilisation qui s'annonce à la SNCF, et sur la force de frappe de la CGT, le chercheur souligne que la centrale "a perdu du terrain et de l'influence. Mais elle peut bloquer la France parce qu'elle est implantée dans les professions qui en ont la capacité", analyse-t-il. 

"L'opinion publique reste très balancée". Stéphane Sirot est également revenu sur le sondage publié dans le JDD, qui révèle que 51% des Français souhaitent que le gouvernement aille jusqu'au bout dans la réforme de SNCF. "L’opinion publique n’est pas encore cristallisée et nous n’avons entendu que l’argumentaire gouvernemental et nous n’avons pas entendu de paroles réellement alternatives. Pour le moment, l’opinion publique reste très balancée et elle n’a pas encore vraiment choisi son camp", analyse-t-il.