Gilets jaunes : Thomas P., casseur mis en examen, revendique dans une lettre un "usage juste de la violence"

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Mis en examen, le jeune homme revendique les dégradations et les violences envers les policiers qu'il a commises lors d'une manifestation des "gilets jaunes".
Mis en examen, le jeune homme revendique les dégradations et les violences envers les policiers qu'il a commises lors d'une manifestation des "gilets jaunes". © ALEX MARTIN / AFP
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Un casseur de 25 ans a revendiqué dans une lettre envoyée depuis sa cellule de Fleury-Mérogis une lettre de quatre pages dans laquelle il raconte son parcours et défend un "usage juste de la violence", avant d'être entendu par les juges vendredi.
TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Thomas P. est mis en examen pour dégradations, violences aggravées et violences contre des personnes dépositaires de l'autorité publique pendant une manifestation des "gilets jaunes". Selon les informations d'Europe 1, il va être entendu par les juges vendredi après-midi. Et il devrait reconnaître la plupart des faits : dix jours plus tôt, il a écrit une lettre pour revendiquer ses actes.

Le jeune homme de 25 ans avait incendié la Porsche du cuisinier médiatique Philippe Etchebest, un véhicule Sentinelle, puis il s'était attaqué à un véhicule pénitentiaire et à un fourgon de police. Il avait également dégradé une dizaine de vitrines, essentiellement de banques et d'agences d'assurance, au marteau. Tout au long de son cheminement, qui avait commencé sur le boulevard Saint-Michel, à Paris, il avait aussi récupéré les morceaux de marbre des devantures pour les jeter sur les policiers en uniforme.

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Portrait d'un casseur

Interpellé au cours de la manifestation après plus de trois heures de dégradations, Thomas P. a bien le profil du casseur. Proche de la mouvance d'ultra gauche, il est déjà connu des services de police pour des dégradations. C'est d'ailleurs ce "black block" dont Europe 1 avait retracé le parcours lors de l'"acte 13" des "gilets jaunes", le 9 février dernier. 

"Quand on lit cette longue liste, il y a de quoi me prendre pour un fou furieux", admet Thomas P. depuis sa cellule de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne. Pourtant, dans sa lettre de quatre pages, le jeune homme assume. Il mentionne son enfance dans une petite ville du Poitou, raconte l'adolescent qui rêve de voyages et d'aventures, puis l'étudiant qui déchante à la fac et qui découvre les blocages et l'engagement militant. 

>> Retrouvez le parcours de ce casseur au lendemain de l'"acte 13" des "gilets jaunes" :

Un plaidoyer pour un "usage juste de la violence"

Depuis, Thomas P. vit à la campagne où il a développé une passion pour la construction et le bricolage. "Les 'gilets jaunes', c'est le mouvement le plus beau que je connaisse. J'ai d'abord manifesté pacifiquement", assure-t-il. "Avant de voir la violence légale : les policiers qui gazent et qui mutilent." Il revendique un "usage juste de la violence", comme il l'a confié au micro d'Europe 1. Il reste tout de même conscient qu'un tel manifeste risque de le laisser un peu plus longtemps en prison.