"Gilets jaunes" : le gouvernement renonce à une partie des premières mesures annoncées... avant de finalement les maintenir

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De premières mesures avaient été annoncées mi-novembre pour faire face à la crise des "gilets jaunes", avant que la hausse de la taxe sur les carburants ne soit annulée. (image d'archives)
De premières mesures avaient été annoncées mi-novembre pour faire face à la crise des "gilets jaunes", avant que la hausse de la taxe sur les carburants ne soit annulée. (image d'archives) © LUDOVIC MARIN / AFP
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Une partie des mesures annoncées par le gouvernement pour répondre à la crise des "gilets jaunes" devaient être abandonnées, en raison de l'annulation de la hausse des taxes sur le carburant. Matignon a finalement fait marche arrière après avoir consulté la majorité. 

 

Mise à jour 20h - Dans la soirée de mardi, Matignon a finalement annoncé que le gouvernement maintenait toutes les mesures annoncées mi-novembre, après une discussion avec la majorité. Plus d'informations dans notre article ici

Le gouvernement compte renoncer à une partie des mesures annoncées par Edouard Philippe mi-novembre au début du mouvement des "gilets jaunes", au motif que certaines d'entre elles ne s'imposent plus en raison notamment de l'annulation de la hausse des taxes sur le carburant, a confirmé Matignon mardi à l'AFP.

Depuis la mi-novembre, le gouvernement a annoncé "l'annulation de toute hausse des taxes sur l'énergie en 2019" et "des mesures très fortes en faveur du pouvoir d'achat. Par conséquent, certaines mesures d'accompagnement annoncées le 14 novembre ne seront pas intégrées au projet de loi de finances", fait valoir Matignon.

Abandon de l'extension du chèque énergie. Dans le budget 2019 en cours d'adoption à l'Assemblée nationale, l'exécutif compte notamment renoncer à l'extension du chèque énergie à deux millions de foyers supplémentaires, a indiqué Matignon, sollicité sur le devenir de ces mesures "d'accompagnement" annoncées mi-novembre par le Premier ministre. "L'extension du chèque énergie à 2 millions de nouveaux bénéficiaires, à hauteur de 60 euros annuels en moyenne, ne sera pas réalisée", affirme Matignon.

Autres mesures abandonnées : le relèvement du barème kilométrique et le doublement de la prime à la conversion pour les gros rouleurs. "Les crédits prévus dans le projet de loi de finances pour la prime à la conversion ne seront pas diminués, compte tenu du fort dynamisme de ce dispositif", souligne Matignon. "En revanche, dans le contexte des négociations, le relèvement du barème kilométrique et le doublement de la prime à la conversion pour les actifs qui se déplacent beaucoup ne feront pas partie du budget", explique-t-on de même source.

130 millions d'euros d'économies. L'économie totale pour les finances publiques s'élève à 130 millions d'euros sur les 500 millions que devaient coûter ces premières mesures au total. La hausse de 50 euros en moyenne du chèque énergie au 1er janvier pour les bénéficiaires actuels (environ 3,6 millions de foyers) ainsi que la "surprime" à la conversion des voitures pour les foyers modestes sont en revanche maintenues. Depuis l'exécutif a annoncé diverses mesures de pouvoir d'achat pour plus de 10 milliards d'euros.

Matignon rappelle avoir "invité les partenaires sociaux à engager une négociation sur la prime mobilité" et que le prochain "grand débat national" sera l'occasion à écouter "l'avis des Français sur les dispositifs d'accompagnement à la transition énergétique, pour les améliorer et les rendre plus efficaces".